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Mathias Chaillot
Journaliste RMC

Un phénomène inexorable que la disparition du livre papier

Acheter un livre sur internet au lieu d'aller le chercher chez son libraire va, mathématiquement, et si la mode prend de l'ampleur, vider peu à peu les librairies. Le phénomène est inexorable, comme il l'a été pour la musique.

Mais le fait de pouvoir acheter (ou télécharger illégalement) de la musique en ligne a aussi été accompagné d'un mouvement de disparition des "petites enseignes" (mon disquaire de quartier) au profit des "supermarchés culturels" (Fnac, Virgin). On ne va plus aujourd'hui chez un disquaire pour acheter le dernier album d'une star à la mode (on le trouve sur internet ou à la FNAC), mais parce que nous sommes des passionnés, à la recherche d'un vinyle introuvable ou de conseils d'un spécialiste. Le phénomène sera le même pour les livres.

On achètera le dernier Pancol sur tablette ou à Carrefour, mais on recherchera un ouvrage rare ou de nouveaux horizons littéraires en allant chez un spécialiste, notre libraire.
Les librairies, comme les magasins de disque, vont donc automatiquement être de moins en moins nombreuses, mais il en restera toujours, rares mais précieuses, qui feront alors leur vrai travail.
Vouloir empêcher ce phénomène (taxer les livres sur tablette ou, lorsqu'on est éditeur, refuser de les y mettre) reviendrait à interdire au consommateur d'élargir ses possibilités d'accès à la culture et au divertissement. Nous interdire le choix d'acheter un livre papier, parce qu'on le veut dans sa bibliothèque, et un autre en numérique, pour le consommer rapidement en voyage.
Oui, ce phénomène entraînera des pertes d'emploi. Mais il démocratisera la littérature, comme il a démocratisé la musique. Jusqu'à ce que de nouveaux modèles économiques émergent et créent de nouveaux emplois, et que les libraires eux-même se transforment, devenant autant un lieu d'achat de livres que de dialogue, partage et rencontre, ce que ne fait pas internet de la même façon. Espérons simplement que le monde de la littérature réagira plus vite que le monde de la musique pour s'adapter aux nouveaux besoins et aux nouvelles demande et, par la même occasion, survivre d'une autre façon.

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    Frédéric André Chercheur (Histoire, Histoire de l'Art, Archéologie)

    18 août 2012, 00:10

    Le même phénomène semble se produire dans le domaine de la photo : il semble que, après l'engouement pour la photo numérique - c'est tellement plus simple de ne pas être forcé de réfléchir pour faire le «bon choix» (si possible) de la vitesse, de l'ouverture et du cadrage ! - que les «vrais photographes amateurs» reviennent progressivement à la «bonne vielle» photo argentique - dans des cas bien précis.
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