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Christophe Le Comte
Militant à la Section du Commerce - Fédération des Employés et Cadres Force Ouvrière

Après le disque, la photo... c'est au tour du livre de disparaître

Personne n’a de boule de cristal, mais peut-être que l’on peut observer ce qui s’est passé pour d’autres supports qui se sont dématérialisés et les conséquences économiques, sociales et culturelles engendrées.
Le CD, le DVD et la photo argentique sont déjà passés par la dématérialisation organisée par les éditeurs et les fabricants d'appareils de lecture ou de prise de vues.
Les conséquences économiques favorisent ceux qui auront moins besoins de réseaux de distribution, de transport, et d’industrie de fabrications de supports et de conditionnement… Belles économies pour ceux qui empochent les marges.

Au niveau social, les conséquences sur l’emploi sont données plus hauts. Moins d’intermédiaire, c’est évidement moins d’emploi… et plus de boulot pour Pôle Emploi.
Deux derniers exemples et autres :
•    Kodak est en faillite après de nombreux plans de licenciements depuis des décennies ;
•    Bertelsmann ferme son usine de fabrique et emballe des CD audio à Forbach ;
•    sans oublier tous les disquaires, les magasins de photo, les magasins de location de vidéo. Des pans entiers de professions qui dépendent des supports physiques ferment tous les ans.

Les conséquences culturelles sont importantes, seules les «fortes rotations» sont mises en avant et les productions plus intimistes sont peu distribuées, ce qui représente moins de supports physiques.
Certains artistes qui n’avaient qu’un titre composé ou écrit par «eux-mêmes» sur un disque (ce qui permet de toucher des droits d’auteur à chaque vente du CD) verront leurs revenus diminuer dans les périodes de creux artistique. En effet, ces titres, qui ne sont pas toujours les meilleurs sur un album, ne seront pas téléchargés (légalement), le client pouvant faire ses achats à l’unité.
Des artistes risquent de disparaître et, par conséquence, on risque un appauvrissement du choix culturel.
Tout n’est pas dit, tout n’est pas dénoncé…

Un autre «petit détail» en passant, les photographes ont un nouvel «ennemis», les administrations dotés de prise de vues numériques pour faire les papiers d’identité et autres. La Modernité ne se marie pas avec le Social.
Forts (et affaiblis) de ces expériences, nous sommes en capacité d’avoir de lourdes craintes pour le livre physique.
Il ne faudrait pas que le monde du livre ait la prétention d’être quasi intouchable, comme d’autres l’ont fait en vantant la qualité du vinyle, la qualité de la photo argentique… et en critiquant le numérique. Les éditeurs et industriels savent imposer leurs choix.
Des emplois sont en jeu, il faut dès maintenant réfléchir à des moyens d'aider les salariés concernés par de nouvelles orientations professionnelles, sans attendre le couperet final.

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Vous aussi, participez au débat :
Le livre numérique va-t-il achever les libraires ?

Photo de Non connecté
  • Photo de Claude Massé

    27 février 2012, 11:58

    Je trouve que ce raisonnement ne tient pas: moins de parasites, donc moins d'emploi. C'est tout simplement économiquement un non sens. Sans même parler de l'impact écologique (surtout l'argentique qui est un véritable poison,) il est toujours profitable d'avoir une meilleure rentabilité. Le problème est, à qui profite cette rentabilité? Dans le cas présent, elle permet une démocratisation de la création et de la diffusion, donc elle profite potentiellement à tout le monde, les empires financiers dans le fond on s'en fiche pas mal. En fait, ils spéculent sur l'emploi en organisant sa pénurie. Qu'ils s'effondrent, et ça ne pourra aller que mieux. On ne peut plus raisonner en heures de travail comme au 19ème siècle. Le temps gagné pourra toujours être utilisé utilement, en allant rendre visite à sa voisine âgée par exemple.
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