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Vincent Monadé
Directeur du MOTif

La mutation d’un métier ne signifie pas sa mort

Affirmer que le numérique va tuer la librairie me paraît d’autant plus difficile que le marché du livre numérique représente à peine 2% du marché total du livre. La librairie traverse un orage lié à la désaffection de la lecture, au progrès de la vente par correspondance qui profite à d’autres, à l’explosion des loyers, au poids des charges, à la surproduction éditoriale, à la crise, à une hausse criminelle de la TVA sur le livre, … pas au pixel.

Au demeurant, on pourrait prétendre que la disparition de la librairie n’est pas plus problématique que, mettons, celle des bourreliers. Or, l’étude du MOTif, Qui vend Quoi ?, a montré que la librairie n’est pas seulement un commerce mais l’endroit où nait le son, se crée la réputation d’un auteur et se vendent des textes exigeants, difficiles, peu rentables.

Ce lieu, le numérique ne le ferme pas même s’il va croître et représenter une part importante du marché. L’invention du fusil n’a pas tué les armuriers ; ils ont vendu moins d’épées.

Les libraires ont pour eux ce qu’Amazon n’aura jamais, un territoire et des clients qu’ils connaissent. Demain, rien ne les empêchera de vendre des liseuses (comme le fait la FNAC), de proposer des bornes, de l’impression à la demande, de l’abonnement... La mutation d’un métier ne signifie pas sa mort. En revanche, sauf à tout changer, Amazon ne saura pas vous conseiller un livre. La question n’a jamais été de vendre du papier ou de l’encre numérique mais de lire des textes. Et de les partager.

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    Aurélien Bernard Chef de projet de l'Internette

    17 novembre 2011, 18:07

    Je crois que vous avez tout dit. Est-ce qu'on peut clore ce débat ?
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    Aurélien Bernard Chef de projet de l'Internette

    17 novembre 2011, 18:17

    Plus sérieusement, c'est au libraire de s'adapter aux tendances plutôt que le contraire. A lui de développer son métier en fonction de ce qui se vend.

    Je vous suis un peu moins par contre sur le fait qu'Amazon ne connaisse pas ses clients. Je pense
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    Aurélien Bernard Chef de projet de l'Internette

    17 novembre 2011, 18:17

    au contraire qu'Amazon est un des sites marchands qui connait le mieux ses clients, qui sait ce qu'ils aiment et qui peut leur proposer de manière dynamique des contenus en fonction de ce qu'ils aiment vraiment.
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    Hubert Guillaud Journaliste à InternetActu.net

    17 novembre 2011, 18:37

    Tout à fait d'accord avec Vincent Monadé : le numérique ne va pas tuer la librairie, notamment parce que le marché du livre numérique n'existe pas encore... Actuellement, ce sont les conditions de l'Office qui les tuent !
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    Vincent Monadé Directeur du MOTif

    17 novembre 2011, 21:08

    La recommandation d'Amazon opère dans le champ strict de vos achats. Vous avez aimé Ellroy, il vous propose Thilliez (alors que vous détestez Thilliez)... Le libraire accompagne vos goûts, découvre pour vous, propose, sort de vos choix, propose...
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  • Photo de Jérôme Wendling oui

    09 décembre 2011, 00:25

    D'après ce que vous dites, le métier des libraires risque de muter (en vendant des liseuses par exemple). Mais pour moi, mutation signifie disparition. On peut illustrer cela avec l'exemple des homo habilis ou des homo erectus, des espèces qui ont connu des mutations au cours des millénaires. Aujourd'hui ils n'existent plus. Ils ont évolué en homo sapiens.

    Ainsi, sur le même principe, il me paraît évident que les libraires risquent aussi de disparaître, au profit d'e-libraires (ou d'un terme équivalent).
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