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Thierry Saniez
Délégué général de l'association de consommateurs CLCV

On ne peut pas accuser le consommateur d’avoir fait travailler ces entreprises

Aujourd’hui, le consommateur est beaucoup plus sensible à la question de développement durable qu’il y a quelques années. Trois piliers le constituent : économique, social et environnemental. Dans la majorité, les consommateurs accordent une importance à ces questions-là, principalement concernant le social.

Le vrai problème qu’il y a aujourd’hui, c’est d’avoir une information qui soit claire, accessible et lisible, comme un label, permettant d’être certain que tel ou tel produit garanti que des normes soient respectées. C’est le cas par exemple pour le commerce équitable. Dans un tel cadre, le consommateur va avoir une démarche positive vis-à-vis de ces produits. Maintenant, il faut que l’information mise en place soit extrêmement lisible, accessible et, surtout, vérifiée.

Concernant les produits classiques, sans labels particuliers, on apprend parfois après coup que telle ou telle société fait travailler des personnes, voire des enfants, dans des conditions lamentables via une filiale ou un sous-traitant. Ca va choquer. Mais on ne peut pas accuser le consommateur d’avoir fait travailler ces entreprises, car il n’en sait rien. Ce qu’il voit dans un supermarché, dans le cadre de produits non-labellisés, c’est le prix et la qualité.

Celui qui a le moyen de savoir dans quelles conditions sont fabriqués ces produits, c’est plutôt le distributeur ou le constructeur lorsqu’il fait travailler telle entreprise dans un pays du sud ou en Europe. C’est à lui de s’assurer des conditions dans lesquelles le sous-traitant va fabriquer les produits. Il y a un lien hiérarchique et la possibilité de contrôle, alors que le consommateur n’a aucun moyen de savoir ce qu’il en est.

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