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Liêm Hoang-Ngoc  
Député européen, secrétaire national adjoint du PS…

Une stratégie économique progressiste est possible à la place du néo-conservatisme

L’étendue des choix démocratiques serait excessivement restreinte si le nouveau Traité, que la droite ordo-libérale allemande entend imposer à la zone euro, aboutissait.

Il prive les Etats membres de politique budgétaire, en leur imposant des politiques d’austérité en passe de faire plonger le Europe dans la récession et dont l’échec devient patent sur le front même de la réduction des déficits. Il écarte l’hypothèse des euro-obligations. Il ampute toujours la banque centrale de prérogatives essentielles, en continuant à lui interdire d’acheter des titres publics sur le marché primaire, à l’heure où les nouvelles émissions de dette rencontrent moins de preneurs, et alors que la menace inflationniste a disparu.

Pour la première fois, des choix de politique économique seraient inscrits dans le marbre des constitutions et assujettis à l’autorité d’une Cour de justice. Des sanctions automatiques seraient appliquées aux pays dont le déficit public excède 3% du PIB. Comment, dès lors, s’étonner de la montée de l’Euroscepticisme le plus extrémiste ? 

Il devient urgent de montrer qu’une stratégie économique progressiste dans la zone euro peut être opposée à la politique néo-conservatrice. Une intégration européenne progressiste passerait par la mise en place d’un Trésor européen, dont le Fonds Européen de Stabilité Financière pourrait être l’embryon. Celui-ci émettrait des euro-obligations à bas taux pour financer budgets nationaux et budget communautaire. La BCE serait autorisée à les racheter en cas de spéculation des marchés. Une agence de notation indépendante, adossée à la Cour européenne des comptes détiendrait le pouvoir de noter les dettes souveraines, ce pouvoir étant retiré aux agences privées. 

Le débat budgétaire serait alors soustrait de la pression de ces agences, théâtre de conflits d’intérêt évidents. A la règle d’or conservatrice, les progressistes opposeraient un pacte d’investissement pour relancer l’économie, tout en veillant à l’équilibre du budget de fonctionnement. Nous proposons pour cela d’exclure les dépenses d’investissement du calcul des déficits publics. 

Tout en équilibrant leur budget de fonctionnement (en jouant sur une fiscalité progressive plutôt que sur la baisse des dépenses, déjà comprimées par des plans de rigueur à répétition), les Etats membres pourraient ainsi mobiliser de grands emprunts productifs, afin de préparer l’avenir, et manier les dépenses d’investissement public de façon anti-cyclique.

De nouvelles filières énergétiques pourraient ainsi émerger dans le cadre d’une stratégie de développement durable. Le budget communautaire serait accru grâce à l’épargne mobilisée par les euro-obligations et une taxation des transactions financières. Il financerait la convergence des Etats membres vers des niveaux de compétitivité élevés. Ceci favoriserait l’harmonisation vers le haut des normes sociales et de la fiscalité. Des protections sociales et environnementales à la frontière communautaire préserverait notre modèle social de développement durable. 

Un tel scénario nécessite, à tout le moins, une renégociation du traité Merkel-Sarkozy en cas de victoire des gauches française et allemande en 2012 et 2013.

  • Ci-joint mon intervention en plénière du Parlement européen sur le rapport annuel de la BCE :
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  • ddacoudre . Oui Suivre
    ddacoudre .

    16 décembre 2011, 00:56

    que de l'eau a coulé sous les pont depuis que j'ai quitter le PS parce qu'il contribuait à l'impasse d'aujourd'hui, 58 ans d'Europe pas un seul accord social. si la suppression de l'interdiction du travail de nuit des femmes dans le code du travail, tu parles d'une avancé. idéologiquement vous avez été mauvais vouloir socialiser le capitalisme en reconnaissant la loi du marché.
    vous avez aujourd'hui la réponse du marché.
    notre président en est certes le chantre, car son revirement n'est que de circonstance mais vous l'avez bien aidé.
    qui donc vous aidera à mettre en place les modifications que vous envisagez, puisque un veto suffit à tout bloquer.
    pour changer les choses vous n'éviteraient pas le conflit ouvert d'une menace de sortir de l'Europe et de l'euro, alors si vous devez être élu en 2012 choisissait bien vos allie car j'ai bien peur que si vous courtisait Bayrou il vous lâche dans le combat. cordialement.

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  • Annie Stasse Suivre
    Annie Stasse

    5 mars 2012, 19:00

    Liêm je me souviens d'un soir de la campagne pour le NON au TCE. J'ai cru en ce que tu disais autour d'une table de fin de repas.

    mais quand on voit tous les PS (ou presque) s'abstenir pour le MES de quoi desperer de ce parti, et Hollande ne m'inspire aucune confiance pour l'avenir. Je voterai donc FdG au premier tour mais ne voterai pas pour Hollande au second, et nous sommes de plus en plus nombreux dans ce cas

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