Il n'y a malheureusement aucun doute: les journaux papiers sont en train de mourir les uns après les autres. Et je ne parle pas seulement de la lente agonie de France-Soir (je me souviens de Philippe Hersant le vendant 1 franc symbolique à [...]
Il n'y a malheureusement aucun doute: les journaux papiers sont en train de mourir les uns après les autres. Et je ne parle pas seulement de la lente agonie de France-Soir (je me souviens de Philippe Hersant le vendant 1 franc symbolique à Georges Ghosn). Pratiquement tous les titres papiers perdent des lecteurs et donc, de l'argent.
Voilà au moins 20 ans que la chute est amorcée, ralentie quelque temps par les nouvelles formules qui se succèdent sans vraiment stopper l'hémorragie (changements de formats, arrivée de la couleur, lignes éditoriales tantôt plus «actu», tantôt plus magazine, multiplication des suppléments sports, économie, famille, environnement, culture, petites annonces).
Dans la Presse Quotidienne Régionale (PQR) les abonnés meurent les uns après les autres et les plus jeunes se désengagent. Les plus accros achètent leur canard à plusieurs dans un même quartier. Pour lutter là encore, les patrons de presse gèlent le prix de vente, multiplient les services (portage à domicile) et les concours, créent des clubs d'abonnés.
Pourquoi un tel phénomène?
Le développement des chaînes de radio et de télévision, dans les années 80, puis l'arrivée des journaux gratuits des grandes villes financés par la pub, dans les années 90, et enfin l'explosion d'internet ont permis la diffusion de l'information gratuite, largement satisfaisante, plus diverse, plus complète et plus moderne que la presse papier, à la fois lente et trop immobile dans un monde sans cesse en mouvement.
Si l'on ajoute l'effondrement des recettes publicitaires liée à la crise et au développement de la pub sur les petites chaînes de télévision, on comprendra que la mort de la presse papier est programmée.
Aujourd'hui, les marques de journaux les plus prestigieuses s'accrochent à leur site internet pour tenter de survivre. Jusqu'à quand?