La Radio numérique terrestre (RNT) semble en mauvaise posture, et pourtant, elle compte bien des alliés. Certains ont d'ailleurs un certain poids : Jean-Marc Ayrault, le premier ministre, a fait de la Loire-Atlantique un terrain [...]
La Radio numérique terrestre (RNT) semble en mauvaise posture, et pourtant, elle compte bien des alliés. Certains ont d'ailleurs un certain poids : Jean-Marc Ayrault, le premier ministre, a fait de la Loire-Atlantique un terrain d'expérimentation de cette avancée technologique.
Plusieurs pays européens ont déjà adopté la RNT. La Grande-Bretagne, par exemple, où près de 50% de la population est équipée de récepteurs appropriés. En Suisse, une grande partie du territoire est couverte. En Allemagne, et dans d'autres pays, l'expérimentation vient juste de commencer. L'Espagne a, quant à elle, déjà refusé la norme. En France, le seul département couvert est la Loire-Atlantique, un test grandeur nature voulu par Jean-Marc Ayrault et un groupement de radios associatives. Mais sur ce point, Matignon est en opposition directe avec l'Elysée.
Renouveler entièrement le parc
Le nouveau conseiller médias du président de la République, David Kessler, ex-directeur général des Inrockuptibles, a rédigé en avril 2011 un rapport tellement en défaveur de la RNT qu'il proposait un moratoire de deux à trois ans sur son implantation. En cause : les moyens considérables que cela aurait demandé.
D'importants lobbies entrent également en jeu. L'alternative est la suivante : outre la RNT, c'est la radio sous IP qui, à terme, prendrait le relais. C'est à dire via Internent, une solution très critiquée par les défenseurs de la RNT car jugée beaucoup trop fragile. En effet, les stations ne géreraient plus la diffusion de bout en bout et seraient tributaires des fournisseurs d'accès Internet, qui peinent déjà à encaisser le volume de transmissions de données en mobilité. Une panne géante telle que celle qu'a connu Orange la semaine dernière aurait privé presque 30 millions de Français de radio en mobilité.
Si les fournisseurs d'accès Internet poussent dans ce sens, les stations sont plus mitigées. Les constructeurs, en revanche, s'activent pour la RNT qui obligerait les Français à racheter un parc entier de récepteurs.