Derrière les justifications officielles, la préoccupation majeure des pays occidentaux les plus actifs sur la scène internationale est d'assurer leur propre sécurité, bien avant celle des populations qu'ils entendent ou prétendent secourir : [...]
Derrière les justifications officielles, la préoccupation majeure des pays occidentaux les plus actifs sur la scène internationale est d'assurer leur propre sécurité, bien avant celle des populations qu'ils entendent ou prétendent secourir : sécurité économique, en s'assurant la main-mise sur les ressources naturelles ou énergétiques, sécurité territoriale en s'assurant une zone tampon limitrophe au delà de leurs frontières, sécurité des biens et actifs/intérêts nationaux, autant que de celle de leurs ressortissants, à l'étranger. Alors oui Irak, Afghanistan, Libye, Mali concourent de la même démarche "vitale".
Certes depuis "le printemps arabe" notamment, ces mêmes pays estiment de leurs responsabilités historiques,
voire de leur devoir moral, d'aider, sinon de favoriser l'émergence de
la démocratie, notamment dans les pays qui, depuis leur 'indépendance, évoluent sous le joug d'une famille ou d'un clan ; d'où cette
impression de croisade, moins religieuse ou idéologique que
politique,menée contre certaines
dynasties dès lors qu'il y a "révolte populaire". Il n'empêche, cette politique visant à remodeler le monde fait le lit des intégrismes et de son corollaire armé, le terrorisme.
Le conflit afghan
s'inscrivait dans une logique de vengeance, celle d'une
super-puissance humiliée sur son propre sol contre un ennemi
qu'elle avait largement contribué à former et armer. En
ancrant une opération militaire de représailles dans un
cadre de "djihad version chrétienne",
l'administration Bush a bien évidemment fait le jeu objectif
de tous les mouvements politiques radicaux qui prônent leur
vision hégémonique de l'Islam et du monde.
Dans ce château de cartes planétaire où les
alliances politiques passent bien après les liens complexes
des divers courants religieux de l'Islam, il était à la
fois évident et prévisible que les opérations
occidentales en Afghanistan nourriraient une montée et une
propagation d'un islam militaro-terroriste sur les terreaux fertiles
du Moyen-orient et d'Afrique, et dans une moindre mesure dans le
Sud-Est asiatique. De la même façon que le soutien
militaire, humanitaire ou moral à chaque mouvement de
libération démocratique conduit à une période de chaos mise à profit par les fondamentalistes religieux sur fond de patriotisme anticolonialiste. De fait, il y a une
internationale islamiste qui utilise chaque conflit, chaque crise
pour aguerrir ses combattants et récupérer un arsenal
militaire à bon compte. Car aucune opérations
occidentales n'a pu et ne pourra venir à bout d'un ennemi invisible qui dispose de fonds venus notamment des émirats pétroliers et de relais logistiques potentiellement dans chaque famille vivant dans les zones de conflit. Il est illusoire de prétendre tuer une mouche virevoltante avec un canon de 120. Alors oui, les "victoires" d'aujourd'hui génèrent les conflits de demain, comme le chaos libyen a armé les groupes du Nord-Mali et comme la retraite des "Maliens" ira impacter la Mauritanie, la Libye ou le sud-algérien. C'est un engrenage d'autant plus pernicieux qu'il se pare des meilleures intentions du monde, le devoir moral "d'aider son prochain".