Contexte

Des manifestants tunisiens accusent le parti islamiste Ennahda d'être à l'origine du meutre de Chokri Belaïd

Deux ans après la «révolution du jasmin», l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd ramène les Tunisiens dans la rue. Face aux nombreuses manifestations populaires, le Premier ministre Hamadi Jebali propose la dissolution du gouvernement dominé par le parti islamiste Ennahda. Mais la première force politique du pays rejette la proposition du Premier ministre.

Lors du printemps arabe, durant les manifestations à Tunis et au Caire qui ont abouti à la chute de deux régimes dictatoriaux, les islamistes se sont fait discrets. Ils n'ont ni initié la révolte, ni cherché à en revendiquer la paternité a posteriori. Les mouvements réclamaient la liberté avant tout. 

Néanmoins, en Tunisie, en Egypte et même en Libye, les islamistes se sont imposés comme les grands bénéficiaires politiques des soulèvements populaires.. En Tunisie, le parti islamiste Ennahda est arrivé en tête dans chacune des 33 circonscriptions du pays, obtenant 90 des 217 sièges de l’Assemblée constituante. En Égypte, les Frères musulmans, les salafistes d’Al-Nour et les modérés du Wassat remporteraient plus de 65 % des voix aux élections législatives.

Un an et demi plus tard, confrontées à l'exercice du pouvoir, les majorités islamistes égyptienne et tunisienne font preuve d'une certaine fragilité face à une opposition de plus en plus mobilisée. 

En Egypte, l'opposition accuse Mohamed Morsi de s'être engagé sur la voie d'un régime dictatorial après un décret pris le 22 novembre, par lequel il s'est arrogé des pouvoirs exceptionnels. Elle proteste aussi contre le projet de loi fondamentale devant être soumis à référendum le 15 décembre, adopté par cette commission dominée par les islamistes et qui sape selon elle des libertés fondamentales tout en ouvrant la voie à une application plus dure de la loi islamique.

Les importantes difficultés économiques que connaît la Tunisie ont pour effet d'attiser les tensions entre le parti Ennahda et les syndicats. Les manifestations se multiplient alors que le pays s'apprête à fêter le deuxième anniversaire du début de la révolution.

Faut-il avoir peur des islamistes au pouvoir ?

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Photo de Ariane Hermelin
Orchestré par Ariane Hermelin Journaliste Newsring