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Gilles Pison
Directeur de recherches à l'Institut national d'études démographiques

Ce n'est pas une question de chiffres mais de qualité de vie

Vouloir réduire la fécondité dans les pays développés alors qu'elle y est déjà basse paraît étrange. Les pays à très faible fécondité, comme l'Allemagne, le Japon, la Corée du Sud, cherchent plutôt à relancer leur natalité car ils craignent un vieillissement démographique trop marqué et un manque de main d'oeuvre à terme, même si l'immigration peut en partie compenser la faible natalité. Nul n'est capable de dire quel est le nombre optimal d'individus que notre planète est capable d'accueillir. Il y a deux siècles, nous n'étions qu'un milliard et la proportion de personnes qui mourrait de faim était beaucoup plus importante. On arrivera sans doute à nourrir 10 milliards d'habitants demain aussi bien, voire mieux, que 7 milliards aujourd'hui. La question est plutôt de savoir comment ils vivront ? Le milliard d'individus vivant dans les pays industrialisés du Nord est en effet à lui seul à l'origine de l’essentiel du réchauffement climatique survenu jusqu’ici. Très gourmand en ressources énergétiques et très polluant, son mode de vie n'est pas applicable à une population de 7 milliards.Il est illusoire de penser pouvoir beaucoup agir sur le nombre des hommes à l’horizon 2050. Il est possible d’agir en revanche sur les modes de vie, et ceci sans attendre, afin de les rendre plus respectueux de l’environnement et plus économes en ressources. La vraie question, celle dont dépend la survie de l’espèce humaine à terme, est finalement moins celle du nombre des hommes que celle de leur mode de vie. 

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  • Photo de Frédéric Leclanche non

    13 août 2012, 21:42

    " La vraie question, celle dont dépend la survie de l’espèce humaine à terme, est finalement moins celle du nombre des hommes que celle de leur mode de vie."
    Indéniablement... Or le problème justement est que le mode de vie n'est pas en adéquation avec le nombre actuel qui ne cesse d'augmenter et il est dangereusement optimiste de penser que l'humanité acceptera sagement de se résoudre à vivre sainement et adopter des attitudes raisonnables... Chaos en perspective, assurément...
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  • Photo de Remi Manso non

    05 mai 2013, 16:08

    Vous avez parfaitement raison de pointer du doigt le mode de vie, mais il ne faut néanmoins pas oublier les effectifs en jeu, comme on va le voir sur ce qui suit. Si l'on considère par exemple qu'un habitant du Nord a une empreinte écologique en moyenne 10 fois plus importante qu'un habitant du Sud et que le taux de fécondité des "nordistes" est de 2 alors que celui des "sudistes" est de 6, et bien en 3 générations, la consommation du "groupe familial" du Sud a rattrapé celle du "groupe familial" du Nord : 1x(2+6+18+54) = 10x(2+2+2+2) = 80 ...

    Concernant maintenant le Japon, dont la population va certes vieillir et diminuer, il faut tout de même savoir que sa densité était en 2011 de 339 hab/km² (Source INED). Si l'on appliquait cette même densité à notre pays, nous serions 187 millions, soit plus de 100 millions de plus qu'aujourd'hui !!! Qui peut raisonnablement penser que ce serait une mauvaise chose pour notre environnement et pour notre bien-être que d'entamer la décroissance de notre effectif ?

    Enfin, il n'est pas si illusoire que cela d'agir sur le nombre d'Hommes d'ici 2050, puisque beaucoup de pays ont encore des taux de fécondité de 4, 5 ou 6. En effet, en faisant en sorte de ramener ces taux à 2 ou 3 (via la planification familiale, l'éducation, des campagnes de sensibilisation,...) on pourrait sans doute éviter la naissance d'un milliard d'humains d'ici le milieu du siècle : excusez du peu...
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