Le constat
alarmant lancé par l'UFC Que choisir sur la qualité de l'eau du réseau repose
sur des données fournies par le Ministère de l'écologie. Ces données
officielles, basées sur des normes obsolètes, livrent une vision incomplète de
l'étendue des dommages. Cela fausse l'analyse de l'UFC Que Choisir qui passe
ainsi sous silence d'autres pollutions existantes. Notamment celles liées aux
résidus pesticides, génétiques et médicamenteux présents dans l'eau.
L’association
CriiEAU (Comité de Recherches et d'Informations Indépendantes sur l'Eau), en
cours d’enregistrement et dont l'un des objectifs est d'informer correctement
le public sur la qualité de l’eau du robinet, souhaite compléter l'analyse de
l’UFC Que Choisir.
Au sujet des pesticides
"Le risque entraîné
par les pesticides est celui de l’exposition à long terme, à des doses très
faibles mais répétitives, avec des interactions possibles entre les différents
pesticides. Les risques suspectés, sans qu’ils aient pu être démontrés à ce
jour, pourraient être des cancers (leucémies notamment), des troubles du
système nerveux ainsi que de troubles de la reproduction."
Le danger réel des pesticides est
bien plus grand que ne l'indique l’UFC Que Choisir. Pour beaucoup de pesticides
présents dans l'environnement, seuls 10 % du produit se trouvent sous sa forme
moléculaire d'origine. 90 % du produit ont plus ou moins été dégradés par les
UV et les bactéries de l'environnement. Ces molécules dégradées ne sont plus
aisément détectables par les méthodes physico-chimiques conventionnelles.
Ces
résidus possèdent pourtant très fréquemment une toxicité similaire aux
molécules d'origine. C'est pourquoi l'effet biologique réel des pesticides est
très mal évalué par les méthodes physicochimiques conventionnelles. Seuls des
tests biologiques (test d'inhibition de la synthèse d'ARN, test d'ancrage
cellulaire...) permettent d'en mesurer directement la toxicité. Ces tests
biologiques, normalisés depuis 10 ans, ne sont hélas pas pris en compte par les
normes réglementaires mesurant la qualité de l'eau.
Au sujet de la bactériologie
"Les défauts de
traitement de potabilisation (chloration) ou des canalisations endommagées dans
le réseau peuvent entraîner la présence de bactéries responsables par exemple
de troubles intestinaux."
L’enquête ignore différents
dangers microbiens transmis par l'eau potable, notamment :1) les Rotavirus et
les Norovirus, résistants à une chloration ordinaire, et à l'origine de
nombreuses épidémies de gastroentérites virales hivernales, d'après l'aveu même
du Ministère de la Santé. 2) les fréquentes parasitoses transmises par l'eau
potable (Giarda). 3) la transmission par l'eau potable de gènes de résistances
aux antibiotique, situés sur des éléments génétiques mobiles, et transmis par
des bactéries non pathogènes (germes banals de l'eau) non prise en compte par
la réglementation. Ils nous sont transmis en droite ligne par l'élevage animal
qui consomme les deux-tiers des antibiotiques consommés en France (rapport
Afssa).
Au sujet de l’aluminium
"L’aluminium est
utilisé sous forme de sels pour rendre limpides des eaux naturellement
troubles. Bien qu’il n’y ait pas à ce jour de lien démontré entre l’exposition
à l’aluminium et la maladie d’Alzheimer, par application du principe de
précaution, il est recommandé de limiter les doses ingéré."
Concernant le lien de cause à effet entre l'aluminium et
la maladie d'Alzheimer, ce sujet a fait l’objet de controverses scientifiques
dépassées depuis les années 60 (Cf reportage de Sophie Le Gall « Du poison
dans l'eau»- France 3 - mai 2010). Rappelons que les sels d’aluminium peuvent
être remplacés en tant que floculant
pour la potabilisation de l’eau par des sels de fer, en toute innocuité.
Pourquoi cette bonne pratique tarde-t-elle à se diffuser ?
Au sujet des nitrates
"Les teneurs
excessives en nitrates dans l’alimentation sont susceptibles de faire courir
des risques de méthémoglobinémie (syndrome du bébé bleu) chez les nourrissons.
En effet, les nitrates, transformés dans l’organisme en nitrites, peuvent par
la modification des propriétés de l’hémoglobine du sang empêcher un transport
correct de l’oxygène par les globules rouges.
Toutefois, aucun cas de méthémoglobinémie
lié à l’eau d’alimentation n’est recensé aujourd’hui en France. Plus
généralement, la présence de nitrates dans l’eau potable est un indicateur de
pollutions d’origine agricole, qui peut s’accompagner de la présence d’autres
polluants tels que des pesticides."
Il est tout à fait exact de
signaler que la présence des nitrates dans l'eau est un indicateur de pollution
d'origine agricole. Cependant la lecture détaillée de la littérature
scientifique et médicale montre qu'aucun cas de méthémoglobinémie du nourrisson
lié à la consommation d'eau contenant des nitrates n’est survenu en France au
cours des 50 dernières années.
Il convient de rappeler qu'en Australie où la
concentration en nitrates peut atteindre 300 mg/l dans certaines eaux potables
(Alice Springs) il ne semble pas y avoir de catastrophe sanitaire chez les
nourrissons. D'ailleurs, il n'existe pas dans le tube digestif des nourrissons
de bactéries capables de réduire les nitrates en nitrites. Les seules
méthémoglobinémies décrites sont celles liées à l'absorption directe de
nitrites ou d'un réducteur similaire.
Notre association tient à
disposition les références bibliographies scientifiques sur les problèmes
soulevés par la qualité de l'eau potable en France.
Le CriiEAU
est une association pluridisciplinaire de scientifiques, de juristes et de
personnes qualifiées proposant de nouvelles méthodes d’évaluation de la qualité
de l’eau et diffusant une information indépendante des grands groupes de
traitement et de commercialisation de l'eau.
Contact :
criieau@free.fr