Contexte

Le gouvernement socialiste a dévoilé sa politique d'immigration et certains la jugent déjà similaire à la politique de l'ère Sarkozy

Manuel Valls l’annonçait dans un entretien au Monde le 28 juin 2012 : il n’y aura pas de «régularisations massives» dans sa politique d’immigration. Le ministre de l’Intérieur entend rester «ferme» car «la situation économique et sociale ne permet pas d'accueillir et de régulariser autant que certains le voudraient». Comme son prédécesseur, le gouvernement ne fera pas plus de 30.000 régularisations chaque année. 

«Etre de gauche, ce n'est pas régulariser tout le monde et se retrouver dans une impasse. Il faut mener une politique républicaine (...) et poser, effectivement, des critères», assurait Manuel Valls, se défendant d'être le «monsieur Sarkozy» du gouvernement.

Mettre fin à la rétention des familles, préciser les critères de régularisation, faciliter les naturalisations (qui ont chuté de 40% depuis deux ans) et créer un titre de séjour de trois ans pour ceux qui habitent et travaillent régulièrement en France seront les principales mesures en matière d'immigration. 

Cette ligne de conduite est jugée en demi-teinte pour certains, identique à celle de la droite pour d'autres. Interrogé par BFMTV-RMC, Jean-Luc Mélenchon s’est insurgé: «Ce n'est pas être de gauche que de faire la leçon comme ça et continuer les méthodes de Nicolas Sarkozy». Marine Le Pen a accusé la droite et la gauche de mener «exactement» la même politique. «30.000 régularisations de clandestin par an, c'est ce que faisait le gouvernement Sarkozy, 200.000 entrées (d'étrangers) par an, c'est ce que fera le gouvernement socialiste, c'est ce que faisait le gouvernement Sarkozy», a-t-elle lancée sur BFMTV.

Selon Pierre Tartakowsky, le Président de la Ligue des droits de l'homme, il faudrait établir «un moratoire des expulsions» qui permettrait d'en finir avec la «détestable politique du chiffre». Dans une tribune pour Libération publiée le 3 juillet 2012, il propose un grand débat sur l'immigration pour faire «du neuf». A l'inverse, François Baroin, ex-ministre de l’Economie et député UMP, a jugé sur France Inter les positions de Manuel Valls «à la fois courageuses et logiques».

Alors, PS et UMP ont-ils la même politique d'immigration ?

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