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Florian Philippot
Vice-président du Front National, en charge de la stratégie et de la communication

Droit de vote des étrangers : PS et UMP jouent contre la République

La question du droit de vote des étrangers doit être abordée sous deux angles : en éclairant le fond du problème d’abord, en décryptant les postures politiciennes ensuite.

Sur le fond, notre position n’a jamais varié : nous sommes résolument opposés au droit de vote des étrangers. Et nous sommes le seul mouvement politique parfaitement uni et au clair sur ce sujet.

Cette position est doublement motivée.

En premier lieu, nous estimons que nationalité et citoyenneté doivent être en toutes circonstances associées. C’est notre tradition française et républicaine, et c’est un garant évident de la cohésion nationale. Les Français n’ont quasiment plus aucun avantage dans leur propre pays : qu’on leur laisse au moins celui du droit de vote !

A ce titre la première brèche à ce principe qui lie nationalité et citoyenneté, celle du Traité de Maastricht accordant un droit de vote aux élections municipales et européennes aux ressortissants communautaires, n’est pas acceptable.

On le sait, derrière ce droit de vote, se cachent des intérêts communautaristes qui dans certaines communes pèseraient potentiellement très lourd dans les urnes.

En second lieu, accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales serait très vite la porte ouverte à toutes les surenchères. Qui peut croire qu’après avoir obtenu le droit de vote aux élections locales, les associations en pointe sur ces dossiers n’exigeront pas l’extension de ce droit à toutes les élections ? Aucun contre-argument ne pourra résister longtemps une fois que le lien entre nationalité et citoyenneté aura été cassé sur le principe.

Au-delà du fond, le débat sur le droit de vote des étrangers constitue un cas d’école parfait du faux débat qui oppose le PS et l’UMP. Les postures politiciennes à l’œuvre doivent être précisément décryptées pour qu’une discussion sur les vrais sujets s’engage.


Chacun l’aura compris en effet : l’UMP compte sur ce sujet pour se refaire une santé électorale et faire oublier ses divisions internes, sa collusion totale avec le PS sur tous les sujets premiers comme ceux de l’Europe et de la mondialisation, et son incapacité à entamer le moindre travail d’autocritique.

Et pourtant, l’UMP est en réalité très proche du PS sur ce sujet. D’abord parce que plusieurs élus de ce parti ont fait savoir leur soutien au droit de vote des étrangers. Nicolas Sarkozy en son temps avait lui-même à deux reprises exprimé cette préférence, avant de se dédire dans la perspective d’une éventuelle réélection.
Surtout, Jean-François Copé a récemment résumé l’arnaque de la fausse opposition UMP : pas de droit de vote aux étrangers nous dit-il, mais une solution, la naturalisation !

Bref, pour l’UMP, il faut faire en sorte que l’étranger devienne français, ce qui lui donnera non seulement le droit de vote aux élections locales, mais à l’ensemble des élections…

Et c’est sans surprise qu’on constate sous Nicolas Sarkozy un rythme très soutenu des naturalisations : chaque année 100 000 étrangers environ ont reçu la nationalité française…et le droit de vote qui va avec. Soumis au grand patronat avide d’immigration pour faire baisser les salaires, comme le PS bien sûr, l’UMP a organisé entre 2007 et 2012 une immigration à un rythme jamais atteint jusqu’ici.

Cohérence et vérité, telles sont les conditions pour un débat de qualité : nous le porterons dans cet esprit.

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Vous aussi, participez au débat :
Pour ou contre le droit de vote des étrangers aux élections locales ?

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  • Photo de Claude Courouve contre

    20 septembre 2012, 19:48

    Très juste ; de plus, les élections municipales ne sont plus simplement "locales" puisqu'elles influent à la fois sur la désignation des sénateurs et sur le parrainage des candidats aux présidentielles. Par ailleurs, les deux lois Defferre et Raffarin de décentralisation donnèrent des pouvoirs importants aux collectivités territoriales.
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  • Photo de Claude Courouve contre

    20 septembre 2012, 19:51

    "Nicolas Sarkozy en son temps avait lui-même à deux reprises exprimé cette préférence, avant de se dédire dans la perspective d’une éventuelle réélection."

    NS expliqua son revirement par l'exigence de réciprocité ; mais ensuite, son ministre Besson et son fils Jean revinrent à la charge pour tenter de promouvoir ce vote étranger.
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  • Photo de Toufik Chabouni pour

    11 janvier 2013, 14:26

    Si les étrangers paient des impôts et participent à l'avancé de la France pourquoi n'auraient-ils pas le droit de vote ? Prenons un Canadien qui débarque en France Pourquoi n'aurait-il autant de devoirs qu'un français mais moins de droits? Bien sûr Il faudrait un minimum de temps de présence sur notre territoire (2 / 3 ans) pour qu'il puisse participer au vote. Mais je comprends qu'il serait frustrant de ne pas pouvoir participer à la vie citoyen qui impacte notre quotidien à TOUS !
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  • Photo de Perrine Cambriel pour
    Perrine Cambriel Simple citoyen Français...à l'étranger

    29 janvier 2013, 16:14

    Une Grande Fierté.

    Ce fût pour moi, Française, une grande fierté de voter pour les élections municipales du pays où je résidais !
    Je travaillais dans le pays, parlais politique avec mes compagnons de travail, payais mes impôts et votais : J’étais résidente et citoyen.

    Malgré mon accent à couper au couteau et la longue file d’attente nécessaire à l’obtention d’un numéro de résident étranger, je me sentais autant considérée que mes collègues et amis. J’avais une voix. J’avais le droit et surtout le devoir de m’intéresser à la politique de mon pays d’accueil et de m’exprimer.

    Oui, merci à « la première brèche à ce principe qui lie nationalité et citoyenneté, celle du Traité de Maastricht accordant un droit de vote aux élections municipales et européennes aux ressortissants communautaires ». Merci, parce que je me suis sentie égale aux autres.
    Pour cela, je serai également fière le jour où mon propre pays fera ce même geste pour tous les étrangers.


    «Les Français n’ont quasiment plus aucun avantage dans leur propre pays ». Si des étrangers ont leurs papiers en règle (comme un citoyen de nationalité Française), ont un travail et paient leurs impôts (comme tout autre citoyen de nationalité Française), au nom de quelle loi/règle/principe devrait-on être avantagés par rapport aux étrangers ? – A part celui du racisme ? -

    « On le sait, derrière ce droit de vote, se cachent des intérêts communautaristes qui dans certaines communes pèseraient potentiellement très lourd dans les urnes. ». Alors, si « on le sait », en votant dans notre pays d’accueil, nous, Français à l’extérieur des frontières, en plus de s’intégrer au pays, « on » doit également faire avancer les intérêts de la communauté Française ! « On » l’ignorait, mais « on » fera attention la prochaine fois que l’ « on » votera à l’étranger. Cette phrase est de la propagande Front National destiné à faire peur mais basée sur aucun fait concret, puisque tous les étrangers ne peuvent pas voter, comment « on le » saurait ?

    « En second lieu, accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales serait très vite la porte ouverte à toutes les surenchères ». Oui, effectivement, la société Française risquerait d’évoluer vers plus d’égalité entre tous ses résidents, hétéros, homos, de nationalité Française et étrangère (en règle), par exemple. Nous aurions les mêmes droits et les mêmes devoirs.

    Exiger la réciprocité pourrait peut-être harmoniser la démocratie pour tous les pays signataires. Donner les mêmes droits et devoirs aux Français où qu’ils soient ?

    « Cohérence et vérité ». Commençons par étudier le mot « égalité » pour un débat de qualité sur le sujet du vote des étrangers.
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