La question du droit de vote des étrangers doit être abordée
sous deux angles : en éclairant le fond du problème d’abord, en décryptant
les postures politiciennes ensuite.
Sur le fond, notre position n’a jamais varié : nous
sommes résolument opposés au droit de vote des étrangers. Et nous sommes le
seul mouvement politique parfaitement uni et au clair sur ce sujet.
Cette position est doublement motivée.
En premier lieu, nous estimons que nationalité et
citoyenneté doivent être en toutes circonstances associées. C’est notre
tradition française et républicaine, et c’est un garant évident de la cohésion
nationale. Les Français n’ont quasiment plus aucun avantage dans leur propre
pays : qu’on leur laisse au moins celui du droit de vote !
A ce titre la première brèche à ce principe qui lie
nationalité et citoyenneté, celle du Traité de Maastricht accordant un droit de
vote aux élections municipales et européennes aux ressortissants communautaires,
n’est pas acceptable.
On le sait, derrière ce droit de vote, se cachent des
intérêts communautaristes qui dans certaines communes pèseraient
potentiellement très lourd dans les urnes.
En second lieu, accorder le droit de vote aux étrangers aux élections
locales serait très vite la porte ouverte à toutes les surenchères. Qui peut
croire qu’après avoir obtenu le droit de vote aux élections locales, les
associations en pointe sur ces dossiers n’exigeront pas l’extension de ce droit
à toutes les élections ? Aucun contre-argument ne pourra résister
longtemps une fois que le lien entre nationalité et citoyenneté aura été cassé
sur le principe.
Au-delà du fond, le débat sur le droit de vote des étrangers
constitue un cas d’école parfait du faux débat qui oppose le PS et l’UMP. Les
postures politiciennes à l’œuvre doivent être précisément décryptées pour
qu’une discussion sur les vrais sujets s’engage.
Chacun l’aura compris en effet : l’UMP compte sur ce sujet pour se refaire
une santé électorale et faire oublier ses divisions internes, sa collusion
totale avec le PS sur tous les sujets premiers comme ceux de l’Europe et de la
mondialisation, et son incapacité à entamer le moindre travail d’autocritique.
Et pourtant, l’UMP est en réalité très proche du PS sur ce
sujet. D’abord parce que plusieurs élus de ce parti ont fait savoir leur
soutien au droit de vote des étrangers. Nicolas Sarkozy en son temps avait
lui-même à deux reprises exprimé cette préférence, avant de se dédire dans la
perspective d’une éventuelle réélection.
Surtout, Jean-François Copé a récemment résumé l’arnaque de la fausse
opposition UMP : pas de droit de vote aux étrangers nous dit-il, mais une
solution, la naturalisation !
Bref, pour l’UMP, il faut faire en sorte que l’étranger
devienne français, ce qui lui donnera non seulement le droit de vote aux
élections locales, mais à l’ensemble des élections…
Et c’est sans surprise qu’on constate sous Nicolas Sarkozy
un rythme très soutenu des naturalisations : chaque année 100 000 étrangers environ
ont reçu la nationalité française…et le droit de vote qui va avec. Soumis au
grand patronat avide d’immigration pour faire baisser les salaires, comme le PS
bien sûr, l’UMP a organisé entre 2007 et 2012 une immigration à un rythme
jamais atteint jusqu’ici.
Cohérence et vérité, telles sont les conditions pour un
débat de qualité : nous le porterons dans cet esprit.