Le ministre de l’Éducation Vincent Peillon a publié mardi 15 janvier une circulaire visant «le développement de l'accueil en école maternelle des enfants de moins de trois ans». Une annonce qui a immédiatement fait réagir les spécialistes, divisés sur la question.
Selon la sociologue de l'éducation Marie Duru-Bellat, l'intiative du gouvernement devrait en effet permettre de réduire les inégalités. «Dans le contexte économique actuel, il faut mobiliser, et le plus rapidement possible, cette structure qui existe et qui a des qualités indéniables. Aujourd'hui, il est reconnu qu'intégrer dès 2 ans un enfant à une structure sociale et éducative est une bonne chose (l’OCDE le défend énergiquement, sur la base des recherches existantes)», explique-t-elle sur Le Plus.
Un avis partagé par le psychologue scolaire Jean-Luc Aubert. «Cette mesure est souhaitable pour les enfants fragiles. J'entends par là, ceux qui n'ont pas un niveau culturel suffisant pour comprendre ce qui se dit autour d'eux car maîtriser dès l'enfance les bases du langage est très important. Or, aujourd'hui, si l'on en croit les études de pyscholinguistiques, 15 à 20% des enfants en maternelle n'ont pas un langage suffisant pour comprendre ce qui se passe autour d'eux», ajoute-t-il, interrogé par Terrafemina.com.
Pour la psychologue Béatrice Copper-Royer, la scolarisation des tout petits n'est au contraire pas une bonne idée. «L’école maternelle ne ressemble en rien aujourd’hui aux 'jardins d’enfants' d’antan, et n’a de 'maternelle' que le nom. Elle est déjà parfois rude pour des enfants de tout juste trois ans qui se sentent perdus dans des classes parfois très chargées et bruyantes, avec un enseignant, le plus souvent formidable et plein de bonne volonté, mais qui ne peut pas répondre individuellement aux besoins affectifs de ces enfants qui sont encore très en demande d’une attention personnalisée et soutenue», écrit la spécialiste sur LeMonde.fr.
Un avis que soutient le pédopsychiatre Olivier Zagdanski, selon qui «la scolarisation à deux ans est contraire à la logique de développement affectif, psychologique et de l'intelligence. Les enfants ont besoin jusqu'au moins 4 ou 5 ans d'un maternage et non pas d'une pédagogie», réagit-il, cité par LaVie.fr.