Le cas des prothèses PIP fait suite à une lacune de contrôle, un manque de vigilance de la part de l'Afssaps, HAS, etc. C'est un peu comme si une marque de cigarette sortait une cigarette avec un produit toxique à l'intérieur, qui n'a pas été vu lors des contrôles ; c'est donc une faille de l'administration. Ici il s'agit de contrôles de pharmacovigilance. Parce qu'il y a eu cette lacune de contrôle, on en arrive donc à devoir enlever des prothèses. Parce que 75%, voire plus de ces prothèses sont avec de la silicone dite non médicale, il s'agit d'une bombe à retardement pour les femmes, ce qui est psychologiquement insupportable. Ainsi, même si l'origine de ces prothèses est esthétique, cette faille là de l'administration fait que l'Etat devrait la prendre en charge.
Le problème est la prise en charge de l'opération pour remettre de nouvelles prothèses
Deux questions se posent cependant : La prise en charge pour enlever ces prothèses et la prise en charge pour en remettre de nouvelles. La prise en charge par l'Etat pour les enlever paraît évidente. En revanche, la question de la prise en charge pour en remettre est plus délicate. Mais les femmes en question peuvent difficilement continuer à vivre en ayant les seins complètement vidés, parce que les prothèses sont parties.
Certains chirurgiens fermaient les yeux pour faire du bénéfice
Donc une nouvelle intervention, prise en charge par l'Etat est nécessaire, à condition que le chirurgiens fassent des efforts, même s'ils ne sont pas responsables dans cette histoire car ils ont aussi été arnaqués. Bien que certains subodoraient quand même un certain nombre de choses et d'autres fermaient les yeux peut-être, pour faire un delta au niveau du prix de prothèse et avoir plus de bénéfice. Mais on ne pourra jamais savoir quel chirurgien savait ou non. A l'arrivée, on va considérer qu'ils sont innocents et eux-mêmes victimes de l'arnaque. Il n'empêche qu'ils devraient pouvoir faire un effort pour mettre en place des prothèses de bonne qualité sans les faire payer 4.000 ou 5.000 euros actuels. En diminuant le prix de cette mise en place de prothèse, un arrangement serait mis en place avec la prise en charge par l'Etat. Même si l'Etat n'a pas beaucoup d'argent et que cela pose de vrais problèmes, l'Etat est responsable du contrôle insuffisant de ces matériels implantables chez la femme.
En signant le document de consentement, on signe la possibilité de mort
A l'inverse, on peut dire que c'est un choix esthétique, les femmes ont pris un risque dès le départ. Personne ne les a obligées à faire ce choix au départ. Par ailleurs, il y a un élément dont on parle peu. Quand on signe un document de consentement mutuel éclairé, on signe la possibilité de décès sur la table d'opération, même si juridiquement, cet élément n'est jamais trop mis en exergue. On peut argumenter avec cet élément, pour lequel on n'a pas de réponse. L'argument étant: "Après tout madame, vous avez signé même votre mort éventuelle sur la table d'opération et vous venez nous ennuyer avec des prothèses qui soit disant posent des problèmes. Vous avez risqué la mort sans sourciller et maintenant vous venez parce qu'il y a un problème de prothèse." On peut argumenter en disant que "vivre avec des prothèses qui sont des problèmes à venir potentiels est une angoisse, une épée de Damoclès mais dans le pire des cas, on risque quoi ? La mort. Mais vous avez signé la première fois cette possibilité de mort."
Un procès symbolique
Le procès est là pour que psychologiquement, les femmes puissent se dire que Jean-Claude Mas a été condamné. Mais de toute façon, il est insolvable. Donc soit l'Etat s'occupe de la prise en charge. Ou, si on laisse faire la justice, les femmes vont devoir prendre en charge elles-mêmes leur ré-intervention. Et le procès ne va rien faire de plus que de condamner Mas. A l'arrivée, les plaignantes n'auront strictement rien.