Contribuer au débat

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Les revendications communautaires sont hors de débat : seul l'intérêt des receveurs compte

La question soulevée ici devrait à mon sens ne se baser que sur la réflexion en lien avec la sécurité transfusionnelle. La question est en réalité : "Est-il bénéfique aux patients receveurs de produits du sang d'inclure les homosexuels et bisexuels mâles en activité ?"

La réponse est oui : 

  • parce que l'offre de sang est inférieure à la demande et que la transfusion sauve des vies
  • parce que le risque de sang contaminé (qui est plus important au sein de cette population que dans la population générale) est écarté grâce à l'interrogatoire et aux techniques de recherche indirectes (anticorps) et directes (virus).

Mais la question d'autoriser le don pour faire plaisir, pour éviter une "discrimination" ou dans un combat communautaire est à mon avis tout à fait déplacée : le droit au don de sang n'existe pas (il n'y a a pas de droit au devoir).

On peut juger que l'exclusion de certaines populations est stupide mais la relier à une discrimination volontaire sans être forcément stupide est au moins "paranoïaque". Les états d'âme des populations écartées ne sont pas un argument dans ce débat. Ainsi, les gens qui ont eu un cancer, guéri ou pas, sont écartés du don du sang : c'est une décision médicalement très discutable pour les patients en bonne santé au cancer guéri.

S'agit-il pour autant d'une discrimination intolérable ? Evidemment que non, en revanche cette exclusion peut être préjudiciable aux malades qui ont besoin de sang. 

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    Michel Rosenheim Maître de conférence, praticien hospitalier à l'AP-HP, ancien conseiller de Mme Bachelot

    27 janvier 2012, 10:34

    Vous parlez de discrimination. Les mots ne sont pas innocents. l'ex-Halde, saisie de ce point, avait clairement indiqué que la non-inclusion des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes ne constituait pas une discrimination.
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    27 janvier 2012, 11:22

    @Michel Rosenheim 

    La Commission européenne a confirmé, dans une réponse datée du 17/08/2011, qu’elle autorise les gays et bisexuels à donner leur sang. Même si les textes européens ont toujours été clairs, certains pays ont justifié l’exclusion des gays et bisexuels par «l’application» de la directive européenne 2004/33/CE. La Commission a aussi rappelé à ses États membres qu’ils ne doivent pas discriminer sur la base de l’orientation sexuelle, et les a invités à ne pas confondre orientation et comportement sexuels.
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    28 janvier 2012, 17:19

    @Alexandre Marcel 

    Donc la cour dit qu'on doit accepter le don d'une personne qui a une orientation homosexuelle mais sans relations homosexuelles. C'est bien ce que fait l'EFS.
    En fait vous seriez prêt au nom de la luute communautaire gay à faire prendre des risques aux receveurs ?
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    Sander de Souza Étudiant en médecine, Groupe LGBT des Universités de Paris, Tous receveurs Tous Donneurs

    28 janvier 2012, 21:44

    @Alexandre Marcel 

    Docteur Beneton, la Commission Européenne dit tout autre chose, elle dit que pour accepter ou refuser un candidat au don il ne faut pas tenir de l'orientation sexuelle (homosexualité, bisexualité, hétérosexualité, pansexualité, etc...) mais bien du comportement sexuel en lui-même (type de pratique, prise de risque, relation protégée ou non, nombre de partenaires, stabilité du partenariat sexuel).

    La santé et la sécurité des receveurs doit être la seule qui importe dans un tel débat, ce que vous appelez "revendications communautaires" (alors que nous appelons cela "exigence de l'égalité des citoyens devant la loi") ne doit pas être pris en compte. Pensez-vous sincèrement qu'ouvrir le don du sang aux HSH représente un réel danger de contamination pour les receveurs, sachant que dès que ce don sera ouvert on ne manquera pas de rappeler que pour donner son sang il ne faut avoir pris aucun risque sexuel ? Monsieur Romero a signalé hier que l'Espagne et l'Italie avaient ouvert le don du sang aux HSH : le gouvernement français s'est-il renseigné sur les retombées de cette ouverture du don ? Ces deux pays doivent-ils faire face à une nouvelle phase de crise du sang contaminé ?
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    28 janvier 2012, 17:40

    Compte tenu de la majoration (certes infime mais non nulle) du risque de contamination des receveurs par le don de sang des HSH, il paraît raisonnable de prolonger le principe de précaution pour une raison essentielle : si comme hélas on l'observe en ce moment, l'épidémie venait à augmenter chez ces HSH, majorant d'autant le risque de contamination des receveurs, il deviendrait très difficile de revenir en arrière compte tenu des pressions communautaires exercées par certains pour qui la santé des malades receveurs paraît passer au second plan...
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  • Photo de Jean-René Courtois oui

    14 juin 2012, 16:52

    Comparer l'homosexualité à une maladie comme le cancer est pour le moins maladroit. Si on interdisait aux noirs de donner leur sang sous prétexte qu'en Afrique il y a beaucoup plus de malades du Sida que diriez vous ?

    Le débat est bien sur le fait qu'il faut dissocier les comportements des populations !
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    14 juin 2012, 18:37

    @Jean-René Courtois 

    c'est vous qui faites cette comparaison et me la prêter est insultant, je ne fais que mettre en vue différentes contre-indications au don du sang.
    Il se trouve que les séjours en Afrique sont également des contre_indications et un séjour en Angletterre aussi : vous voyez qu'il n'y a pas de quoi vous énerver et me suspecter à demi-mot de racisme ou d'homophobie...

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    14 juin 2012, 22:59

    @Profil supprimé Profil supprimé 

    Vous mettez sur le même plan le fait d'avoir eu le cancer au fait d'être homosexuel.
    Je tiens juste à vous rappeler que ce qui est important c'est le comportement. Le fait de coucher avec d'autres hommes n'est pas selon moi un comportement à risque. Le fait de coucher avec des hommes ou des femmes sans protection, oui.
    Je critique bien ici votre raccourci.

    Pour faire un parallèle moins choquant, je rapprocherais cela du contrôle d'identité au faciès. Les statistiques nous montrent (parce qu'il est facile de leur faire dire ce qui nous arrange) que les roumains sont plus susceptibles de commettre des larcins, donc il faut tous les contrôler...

    Que cela soit clair, je ne vous accuse pas de racisme, j'essaye juste de remettre les choses dans leur contexte... Essayons donc de faire confiance aux gens et de ne pas leur prêter des intentions. Pour avoir lu votre prose, je ne pense pas que vous soyez homophobe non plus, sinon je ne m'essaierais pas de vous convaincre de quoi que ce soit.
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    15 juin 2012, 09:16

    @Profil supprimé Profil supprimé 

    En fait, si les hommes et les femmes avaient des relations protégées ou fidèles, les MST auraient disparu. La question des écarts est fondamentale : un rapport non protégé entre 2 hommes, c'est 200 fois plus de risque qu'un rapport hétéro non protégé. c'est un chiffre qu'on ne peut balayer d'un revers de la main : vous avez le droit de vous tromper 200 fois sur les pratiques sexuelles d'un hétéro pour une seule fois en cas d'HSH.
    Mais si vous me trouvez une méthode pour savoir sans risque d'erreur, si des personnes (hétéro ou homo peu importe) si des personnes ont eu un rapport non protégé, la question peut être ré envisagée et vous aurez probablement raison. En attendant...
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    16 juin 2012, 01:15

    J'ai trouvé une méthode infaillible pour savoir si les gens ont eu une relation non protégé. On leur demande et on leur fait confiance.
    Forcément, si la première chose qu'on fait c'est de leur demander leur orientation sexuelle et de se baser sur des préjugés alors on ne peut pas s'en sortir.

    Oui, il s'agit bien de préjugés : cette personne on ne la connait pas, et on la juge potentiellement plus dangereuse sous prétexte de son orientation sexuelle.
    On qualifie de pratique à risque le fait d'avoir des relations homosexuelles. Si tout cela ne vous dérange pas plus que ça, alors vous avez raison. Faisons confiance aux statistiques et dans ce cas batissons nous une société au risque 0 dans laquelle chacun reste chez soi, car c'est bien connu, on a beaucoup plus de risque dès qu'on sort de chez soi...
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    16 juin 2012, 16:48

    @Jean-René Courtois 

    Hélas, il faut faire un peu de statistiques en médecine afin de prendre des décisions éclairées. ici l'unique objectif est de ne pas infecter des patients par des virus comme HIV voire des virus encore inconnus.
    Je ne suis pas d'accord du tout : Il faut tendre vers le risque zéro lorqu'on transfuse des enfants. Avez-vous déjà oublié les milliers de gosses qui sont morts parce que le risque était mal évalué ? ces morts dramatiques sont dans mon esprit toutes aussi préoccupantes que l'épidémie de SIDA, de Syphillis et autres MST qui sévit dans le "milieu homosexuel", épidémie que tout le monde semble ne pas vouloir voir.
    Donc, nier l'épidémiologie ou pire la négliger est dans le contexte de la transfusion sanguine, assimilable à une inconscience criminelle. (ces deux derniers mots étant tout à fait mesurés)
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    03 avril 2013, 19:48

    Intéréssant celui ci, et difficil. D'un côté on ne veut pas stigmatiser la population homosexuelle de par leur homosexualité - de l'autre on cite des probabilités plus elevés de contamination, citant des statistiques qui semblent crédibles.
    Je n'ai pas réfléchi à cette question - mais ... si on doit choisir qui peut donner du sang ou pas, pour minimiser les possibilités de contamination, on est obligé à discriminer. Mais... si quelqu'un n'a pas eu de rapport sexuel sans protection dans les 6 mois qui précèdent, est-ce que le fait que les probabilités de transmission de MST par rapport sexuel homosexuel non-protégée est plus élevée change quelque chose? Et si la réponse est "Oui" - je supposes que hétérosexuel ou homosexuel, on n'accepte pas? Alors ou est le problème?
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