Les professeurs d'histoire sont indignés par les contre-vérités affirmées par Luc Chatel
Le peuple français se passionne pour l’histoire et la géographie. C’est pour cela que la suppression de l’enseignement de ces deux matières en terminale scientifique à la rentrée scolaire 2012 provoque de tels remous. C’est pour cela aussi que les nouveaux programmes de première qui en découlent, cassant la chronologie au détriment de la compréhension des faits sont rejetés.
Monsieur le Ministre Luc Chatel a pris la plume pour répondre aux professeurs d’Histoire et Géographie, suite aux États Généraux à l’appel de l’APHG et couronnés de succès le 28 janvier dernier.
Ces derniers notent, certes, avec une satisfaction, teintée de colère, que Monsieur le ministre affirme le rôle central de l’histoire et de la géographie dans le «socle de culture» de la nation.
Colère, car ils sont véritablement indignés par les inexactitudes répétées que contient son texte.
L’option en terminale scientifique, arrachée par l’association des professeurs d’histoire et géographie au ministère suite à la suppression de l’enseignement obligatoire, et dont le ministre aujourd’hui se félicite, ne sera pas «proposée» à tous les lycéens. Il faut savoir que la création de cette option, laissée au bon vouloir, pour ne pas dire à l’arbitraire, des recteurs d’académie et des proviseurs, se fait dans des conditions très mauvaises. Elle ne sera effectivement créée que dans certains lycées. Ceci va aggraver les disparités sociales et régionales entre établissements. Pour ceux qui n’auront pas la chance d’être dans un «bon» établissement, cela signifiera l’occultation de pans entiers de l’histoire et de la géographie du XXe siècle.
Mais cette option n’est qu’un pis-aller.
La disparition de l’histoire-géographie en terminale S a entraîné une refonte calamiteuse des programmes de première pour toutes les séries générales.
Là où le Ministre parle «d’approche problématisée», la réalité est l’enseignement de la Seconde Guerre mondiale avant de traiter du Nazisme. Belle «problématique» en effet !
Cette suppression, de plus, est justifiée par un prétendu «rééquilibrage» des filières entre terminale S et L (littéraire). Le ministre affirme que les effectifs de la terminale L se sont accrus de 6%. Le chiffre réel, selon le directeur de la direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO), n’est que de 1%. Vérité du ministre n’est visiblement pas vérité de ses propres services !
Monsieur le ministre, rétablissez l’enseignement obligatoire de l’histoire et de la géographie pour tous les lycéens de terminales, les futurs citoyens de ce pays le valent bien.
Bienvenue sur Newsring


