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Koz Toujours
Blogueur

Euthanasie: Les "cas emblématiques" sont manipulés

Le cas de Rémy Salvat. Avant d’être un jeune homme qui demande qu’on l’aide à se suicider, Rémy Salvat fut un enfant dont la propre mère a nié la valeur de la vie. 

La mère de Rémy Salvat a tenté, en 1999, de tuer son fils ou, selon son expression « de mettre fin à ses souffrances« . Elle a été mise en examen pour tentative de meurtre et a bénéficié d’un non-lieu.

Deux observations.

1) Régine Salvat a tenté de mettre fin aux jours de cet enfant lorsqu'il avait 14 ans. Il est, donc, mort 9 ans plus tard, après avoir été en mesure de rédiger une lettre qui n’est manifestement pas davantage le fait d’une personne en état végétatif. Ces neuf années vécues ne valaient-elles pas la peine de l'être ? Qui en jugé ainsi ? Sa mère ou Rémy Salvat ?

2 ) Rémy Salvat est un enfant que sa mère, à l’âge de 14 ans, a tenté de tuer. A 23 ans, il se suicide, considérant probablement, comme l’exige la rhétorique employé, que c’était une façon de "mourir dans la dignité" … Mais quelle appréciation de la dignité de sa vie peut-on avoir lorsque votre propre mère, elle, a considéré, il y a 9 ans de cela, qu’il serait mieux pour vous de mourir ?

Le cas de Chantal Sébire. Chantal Sébire est une femme que la médecine pouvait traiter mais qui a refusé toute médication. 

Chacun sait, ou devrait savoir maintenant, que sa demande de suicide assisté n’est intervenue que parce que Chantal Sébire a refusé tout traitement. Elle n’entendait être soignée que par la médecine douce, refusant de prendre autre chose que du paracétamol. Comme le docteur Jean-Louis Béal, chef de l’unité de soins palliatifs du CHU de Dijon, en a témoigné à deux reprises (dans La Croix et Le Parisien), elle refusait tous les antalgiques : « elle m’a dit que la morphine, c’était de la chimie, donc du poison« . 

Chantal Sébire avait parfaitement le droit d'avoir ses propres conceptions sur la souffrance, les médicaments, et la fin de vie. Et elle a assumé les conséquences de ses convictions.

Mais il est évident qu'un cas aussi personnel et peu partagé - qui refuserait tout traitement anti-douleur pour ne soigner son cancer qu'au doliprane ? - ne peut pas être un argument pour une modification de la loi.

Le cas du docteur Tranois. Le docteur Tranois a enfreint les règles de déontologie élémentaires de sa profession, en prescrivant la mort d’une proche, sans en avertir la famille et en déléguant le geste ultime à un tiers, en son absence. 

Le cas de Vincent Humbert. Même l’affaire Vincent Humbert, qui a suscité la loi de 2005, laisse un goût amer de promotion commerciale et de mépris de sa volonté profonde. 

Il est, déjà, troublant d’apprendre que son livre a été lancé par un éditeur militant de l’ADMD, avec une campagne de promotion indiquant qu’au jour de la publication, « Vincent sera peut-être mort, sa mère aura, enfin, exaucé ses voeux« , et que celle-ci a effectivement procédé à l’injection le jour de la sortie du livre. Mélange désagréable entre la promotion et la mort. On peut, toutefois, l’expliquer. Ce que l’on ne peut pas expliquer, en revanche, ce sont les doutes persistants sur la volonté réelle de Vincent Humbert, comme sur le fait qu’il ait pu écrire lui-même, ou effectivement dicter ce livre. Ces doutes sont ceux de son équipe soignante, et au témoignage de son kiné, Hervé Messager (qu’il faut lire et écouter), auquel Emmanuel Hirsch, directeur de l’espace éthique AP-HP, fait également référence ici

Ces cas, dont s’est servie l’ADMD, illustrent certaines des dérives inévitables auxquelles mènerait la légalisation de l’euthanasie (on en connaît d’autres, bien réelles, en Suisse, en Hollandeen Belgique).

Le fait de devoir recourir à de telles manipulations devrait alerter les Français et susciter leur méfiance.

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Vous aussi, participez au débat :
Faut-il autoriser l'euthanasie ?

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  • Photo de Pierre-Emmanuel Brugeron non

    17 février 2012, 12:56

    Une clarification des situations les plus "emblématiques" est toujours bienvenue, surtout lorsqu'ils sont tant répétés et mis en avant. Le cas de Chantal Sébire est tout-à-fait important à comprendre, comme symbole de cas manipulable si mal compris...
    0 1
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  • Photo de Jacqueline Jencquel oui
    Jacqueline Jencquel Secrétaire Générale de l'ADMD

    21 février 2012, 15:00

    @Pierre-Emmanuel Brugeron 

    Chantal Sébire souffrait physiquement et moralement de sa maladie et des conséquences de sa maladie...C' était à elle de prendre la décision de subir d' autres traitements dont on ne savait pas du tout s' ils allaient la soulager ou non.

    Si une maman décide qu' il vaut mieux que son enfant meure, c' est que la souffrance de l' enfant est vraiment terrible et sans espoir de guérison.

    La médiatisation de ces cas alertent l' opinion publique et c' est une bonne chose car Vincent Humbert et Chantal Sébire ont obligé le gouvernement à faire un petit pas de plus vers l' autodétermination des patients
    3 0
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  • Photo de Koz Toujours non
    Koz Toujours Blogueur

    23 février 2012, 18:01

    @Jacqueline Jencquel 

    Il n'est pas exact de dire qu'on ne savait pas : Chantal Sébire a refusé des interventions très en amont qui aurait pu la soigner et l'on sait, aussi, que la morphine soulage davantage que le doliprane, non ? Il reste qu'elle avait le droit d'avoir les conceptions qu'elle voulait, mais que des conceptions aussi personnelles ne doivent pas conduire à modifier la loi.
    0 2
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  • Photo de Pierre Prot
    Pierre Prot Ingénieur

    27 mars 2012, 11:38

    @Jacqueline Jencquel 

    Vous êtes certaine que si Mme Humbert et son fils avaient été plus entourés et soutenus, elle aurait voulu la mort de son fils ?

    Si oui, comment expliquez-vous les doutes de certains soignants ?
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  • Photo de Guillaume Ballin oui
    Guillaume Ballin Développeur informatique.

    19 décembre 2012, 14:53

    @Jacqueline Jencquel 

    Ce que vous dites est totalement faux, Chantal Sébire n'avait aucune chance de guérison, elle était condamnée et n'a jamais refusé une intervention ou médication qui aurait pu la soigner, elle n'a refusé que de servir de cobaye et d'être transformée en légume alors que c'était tout ce que proposaient les médecins.
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  • Photo de Fautpaspousser Malo non

    04 mars 2012, 20:36

    VIDÉO : "Temoignage de Herve Messager Kiné de Vincent Humbert" -
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  • Photo de Armand Stroh oui
    Armand Stroh Enseignant retraité . Membre de l' Association Ultime Liberté

    17 mars 2012, 17:18

    Chaque cas de fin de vie, comme chaque vie en elle-même, est une singularité, du point de vue des causalités complexes, des circonstances, etc. Encore plus à partir du moment où on considère que chaque personne humaine doit pouvoir agir de façon libre. Il est alors facile, comme vous le faite , d' analyser la complexité de la construction des choix de ceux qui décident de mettre fin à leur vie.
    Mais on pourrait évidemment faire la même chose avec tous les cas qui sont supposés, d'après vous, "choisir" librement de continuer à vivre dans les conditions où la loi actuelle les contraint à le faire !
    Considérez-vous que la COMPLEXITE de la construction des choix personnels est un argument contre la LIBERTE de ces choix ?
    Évidemment, des principes collectifs à l' emporte pièce, qui imposent d' en haut de façon univoque et quasi totalitaire ce qui est "Bien" ou "Mal", peuvent faire l' économie d'une telle complexité des choix issus de la liberté humaine.

    La vraie question est en effet là : tout choix humain réel, une fois réalisé, peut être analysé de façon critique, pour savoir si on n'aurait pas pu faire mieux ...
    Il s'agit donc de savoir si on veut ou non prendre les risques inhérents à la liberté humaine.
    1 0
    Répondre
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  • Photo de Armand Stroh oui
    Armand Stroh Enseignant retraité . Membre de l' Association Ultime Liberté

    17 mars 2012, 17:46

    (Suite de la réponse)

    Dans la perspective que nous proposons comme "Ultime Liberté" , c'est précisément au titre de la valeur supérieure de la Liberté humaine de chaque personne que nous le faisons : chaque personne - sauf cas particuliers à justifier - est, pour nous, apte à juger en dernière instance, lorsqu'elle est suffisamment informée sur son état réel et sur les alternatives possibles , si et dans quelles conditions elle veut continuer ou non à vivre.

    Vous défendez au contraire l' idée que c'est la société collective ( et apparemment pour vous une certaine "communauté de référence" - religieuse en l' occurrence ), qui a le droit voire l' obligation de poser des limites à l'exercice de la liberté Y COMPRIS quand cet exercice n' a de conséquences que sur la personne elle-même.

    Vous considérez donc que les personnes humaines en général n'ont pas le droit de disposer d'elles-mêmes...

    C'est votre opinion , et nous vous en laissons le droit... pour vous mêmes et ceux qui pensent comme vous. Mais ceux qui, parmi nous, se réfèrent uniquement à leur propre liberté personnelle mutuellement reconnue entre personnes "souveraines, libres et égales" , n'ont plus aucune raison de subir vos propres "législations".
    1 0
    Répondre
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  • Photo de Etienne Degiovanni non

    17 mars 2012, 18:55

    @Armand Stroh 

    Votre vision de la vie est complètement désincarnée ! J'ai l'impression que vous considérez l'être humain comme un pur esprit et non un animal très intelligent, je vous le concède, mais charnel. Nous ne sommes pas des fantômes ! Notre cerveau influe sur notre corps et notre corps influe sur notre cerveau.

    Votre expression "sauf cas particuliers à justifier" montre notre différence. Pour moi et pour les neurosciences aussi d'ailleurs, l'hypothèse de base est que l'animal Homme a un instinct et une volonté de survie, comme tout animal sur cette planète.

    Cet instinct de survie peut être amoindri par la souffrance ou la peur d'une souffrance. De nombreux adhérents de l'ADMD et peut-être de votre association veulent être euthanasiés parce qu'ils ont peur de souffrir ou de perdre leurs facultés intellectuelles. Cela pose la question de l'utilité de la société.

    Est-ce que la société est là pour aider à survivre tous les être humains ou seulement ceux qui le veulent ? Je ne veux pas d'une société qui, au lieu de chercher les causes du désir de suicide de ses membres et de trouver des solutions, désespère d'elle-même et accède à leur demande de suicide. D'autant que dans la majorité des cas, elle redonne le goût de vivre à ces personnes.
    0 2
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  • Photo de Pierre Prot
    Pierre Prot Ingénieur

    27 mars 2012, 11:36

    La formulation de l'ADMD "Vincent sera peut-être mort, sa mère aura, enfin, exaucé ses voeux" me semble tout à fait révélatrice de la problématique :
    - s'agissait-il des voeux de la mère ?
    - s'agissait-il des voeux du fils ?

    Probablement les deux. Le désir de la mère étant bien entendu entretenu par le désir du fils, mais le désir du fils étant également motivé, entretenu et cautionné par le désir de la mère (dans sa lettre au président, Vincent disait également vouloir quitter ce monde afin de ne plus faire souffrir sa mère qui s'occupait de lui bien seule, délaissée de la société).

    Ceci illustre bien les dérives de l'euthanasie : notre "désir" de mort sera entretenu par notre "désir" de voir nos âgés quitter ce monde, et la sensation de voir la société "désirer" notre départ.

    Personne ne demandera l'euthanasie le couteau sous la gorge, certes, mais soyons certain que personne ne la demandera en pleine liberté.

    Pierre
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  • Photo de Non connecté
  • Photo de Profil supprimé

    09 janvier 2013, 06:32

    @Pierre Prot 

    "soyons certain que personne ne la demandera en pleine liberté."

    Pur délire philosophique.

    Qu'est-ce que la pleine liberté?
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  • Photo de Manu LeNuisible oui
    Manu LeNuisible militant écologiste et animaliste non cablé au net donc pas souvent dans les parrages.

    12 août 2012, 14:28

    Et les dérives de l'autre côté vous ne les mentionnez pas. J'estime être en droit de décider qd je souhaite mourir ou non et ce n'est pas quelques gratte papier encravatés qui doivent me dicter mes décisions.

    Combien de cas de personnes souhaitant mourir qui se sont vu refuser pour quelques raisons abjectes !
    1 0
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