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Linda Couture
Directrice du réseau Vivre dans la Dignité

Il est illusoire de prétendre que l’euthanasie est une forme d’expression de son autonomie

Il est illusoire de prétendre que l’euthanasie est une forme d’expression de son autonomie et donne un faux sens de son contrôle sur sa mort. Or, si l’euthanasie prend pour point de départ la demande du malade, la décision de prescrire et d’injecter le médicament mortel est prise par le médecin. Évidemment, par leur définition même, l’euthanasie et le suicide assisté ne constituent jamais des manifestations d’autonomie, puisqu’ils requièrent un minimum de coopération de la part d’autres individus (les personnes offrant l’aide au suicide ou pratiquant l’euthanasie).

Et si l’euthanasie devenait une réalité… Imaginons le jour où des personnes peu scrupuleuses apprendraient comment favoriser le consentement du malade ou même prendraient des moyens pour que l’euthanasie puisse s’imposer. La personne malade, vivant avec une maladie dégénérative ou vivant avec un handicap sentira qu’elle est de trop et percevra la pression subtile du « devoir » de mourir en consentant à l’euthanasie. Quelle effrayante perspective !  

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    Jacqueline Jencquel Secrétaire Générale de l'ADMD

    22 février 2012, 20:46

    Il ne faut pas imaginer ce qui pourrait arriver....c' est justement ce qui arrive dans les pays qui refusent de mettre le patient au coeur du débat. Dans la plupart des cas, les patients ne demandent rien. Ils subissent... mais pour ceux qui veulent rester maîtres de leur destin jusqu' à la fin, il faut leur en donner la possibilité . Ce n' est pas facile de se suicider sans aide. Si cette décision est rationnelle et mûrement réfléchie, il faut la respecter. Il n'est pas question d'obliger ( ni même de suggérer) qui que ce soit à mourir. Mais il ne faut pas non plus obliger quelqu' un qui veut mourir à vivre. La vie est un droit mais pas une obligation.
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    23 février 2012, 10:02

    @Jacqueline Jencquel 

    Le premier post publié à 9h54 est une première réponse à votre réaction.

    "Si cette décision est rationnelle et mûrement réflèchie , il faut la respecter." Une décision de mourir ne peut être rationnelle. L'animal Homme a un instinct de survie évident, qui le pousse à se mettre en société pour faciliter sa survie. Lorsqu'il envisage le suicide, c'est à cause d'une souffrance dont il ne voit pas l'issue. C'est à la société de lui proposer l'issue à la place de la mort, sinon la société perd son utilité initiale, à savoir favoriser la survie de l'Homme. Lorsque la personne refuse cette issue, la société doit l'accompagner de la manière la plus humaine possible vers la mort, tout en lui laissant la possibilité de changer d'avis jusqu'à sa mort naturelle, ce que vous ne faites pas. 61% des gens qui demandent l'euthanasie changent d'avis après la prise en charge par les soins palliatifs. S'il existait un moyen scientifique de déterminer qui changera d'avis et qui n'en changera pas, cela simplifierait notre débat, mais cela n'existe pas pour l'instant. Vous sacrifiez donc à la volonté philosophique de 39% seulement la possibilité du changement d'avis des 61% autres. Que répondez-vous à cela ?
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    Jacqueline Jencquel Secrétaire Générale de l'ADMD

    23 février 2012, 12:38

    @Etienne Degiovanni 

    Mais non, je ne sacrifie rien à personne..Je suis d' accord avec vous que l' instinct de survie est très fort et que la plupart des gens veut vivre le plus longtemps possible quelle que soient les conditions de vie qui leur restent. Personne ne les en empêche...Bien au contraire...Cependant il existe des personnes qui ne veulent en aucun cas franchir un certain seuil de souffrances physiques ou psychiques et ce petit groupe de personnes doit être respecté, voilà tout...Je peux parler pour moi...J' aime la vie, j' aime ma famille, mes amis et mon pays mais si je devais perdre mes facultés intellectuelles ou motrices et sombrer dans la dépendance, je préfèrerais mourir...Je fais partie d' une minorité mais cette minorité existe et réclame les mêmes droits que les autres.
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    24 février 2012, 10:22

    @Etienne Degiovanni 

    Vous me dites : "Je ne serai plus digne de vivre, si je n'ai plus de facultés intellectuelles." La société doit vous répondre : "Vous ne vous sentez plus digne de vivre, mais moi Société je veux vous aider à retrouver une dignité, même si pour l'instant, vous la considérez perdu."

    Le suicide vous est toujours possible, même si la société, je pense, devrait considérer que chaque suicide est un échec puisqu'elle a failli à son devoir de redonner goût à la vie à la personne qui s'est suicidée.

    On a l'impression que vous ne vous rendez pas compte des conséquences d'une loi sur le suicide assisté. Cela ne concernera pas que les gens comme vous, qui trouvent leur dignité uniquement dans leurs facultés intellectuelles ou physiques, mais aussi les gens qui sur le moment atteignent ce "seuil de souffrances physiques ou psychiques" dont vous parlez et ne peuvent envisager que les soins palliatifs puissent apporter une réponse à leur souffrance.

    Votre position sur le consentement est, je trouve, très en opposition avec les récentes découvertes des neurosciences qui montrent que ce consentement est très intimement lié à l'état du patient au moment où il prend la décision.
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    24 février 2012, 10:23

    @Etienne Degiovanni 

    Vous me dites : "Je ne serai plus digne de vivre, si je n'ai plus de facultés intellectuelles." La société doit vous répondre : "Vous ne vous sentez plus digne de vivre, mais moi Société je veux vous aider à retrouver une dignité, même si pour l'instant, vous la considérez perdu."

    Le suicide vous est toujours possible, même si la société, je pense, devrait considérer que chaque suicide est un échec puisqu'elle a failli à son devoir de redonner goût à la vie à la personne qui s'est suicidée.

    On a l'impression que vous ne vous rendez pas compte des conséquences d'une loi sur le suicide assisté. Cela ne concernera pas que les gens comme vous, qui trouvent leur dignité uniquement dans leurs facultés intellectuelles ou physiques, mais aussi les gens qui sur le moment atteignent ce "seuil de souffrances physiques ou psychiques" dont vous parlez et ne peuvent envisager que les soins palliatifs puissent apporter une réponse à leur souffrance.

    Votre position sur le consentement est, je trouve, très en opposition avec les récentes découvertes des neurosciences qui montrent que ce consentement est très intimement lié à l'état du patient au moment où il prend la décision.
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    24 février 2012, 10:34

    @Etienne Degiovanni 

    Désolé pour ce double post. Mon ordinateur est vieux et a sûrement des problèmes de cookies.

    En résumé, votre position idéologique est incompatible avec la notion de temporalité du consentement. Si vous pouviez m'apporter une méthode scientifique qui permettrait de sélectionner les personnes qui ne changeront plus jamais d'avis parce que leur cerveau n'est plus assez plastique et celles qui peuvent encore en changer, l'euthanasie serait possible, car dans ce cas, le consentement pourrait s'entendre comme quelque chose d'absolu. Or, je pense que les neurosciences tendent à prouver exactement le contraire, à savoir que le cerveau demeure étonnamment plastique et adaptable aux changements d'environnements. Je pense donc que votre affirmation : "Les personnes ont choisi l'euthanasie et ne changeront plus jamais d'avis, même si on apaise un peu leur souffrance" n'est pas encore démontrée.

    Vous emportez donc dans la mort avec votre minorité convaincue 63% de personnes qui pourraient changer d'avis en soins palliatifs et un grand nombre de personnes qui ont fait une tentative de suicide et qui grâce à un accompagnement humain et psychologique efficace ont retrouvé goût à la vie. Assumez-vous cela ?
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    Linda Couture Directrice du réseau Vivre dans la Dignité

    25 mars 2012, 16:07

    @Jacqueline Jencquel 

    Mme Jencquel relisez-vous et je vous cite:" Ce n' est pas facile de se suicider sans aide. Si cette décision est rationnelle et mûrement réfléchie, il faut la respecter."
    Cohérence 101: Si ce n'est pas facile de se suicider sans aide , vous demandez alors de l'aide à quelqu'un d'autre de le faire pour vous au nom de "l'autonomie et de l'autodétermination" et au nom de votre soit disant "droit à la liberté individuelle". Vous admettrez que l'autonomie n'est pas au coeur de vos arguments! Plutôt, vous demandez à une tierce personne de le faire à votre place- par définition votre logique et le concept de l'autonomie ne tiennent pas.
    Rappelons le coté légal de nos actes quand on vit en société: Commet un homicide quiconque, directement ou indirectement, par quelque moyen, cause la mort d'un être humain.(Article 222-code criminel Canadien). La France a certainement une définition semblable dans le code criminel protégeant tout individu du tuer quelqu'un d'autre. Arrêtez de jouer avec les mots et regardez la vérité en face!!
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    23 février 2013, 18:55

    @Jacqueline Jencquel 

    Mme Jencquel vous dites :
    "Il n'est pas question d'obliger ( ni même de suggérer) qui que ce soit à mourir."
    Ne pas obliger peut-être (dans un premier temps) mais suggérer oui, l'euthanasie ne fait que ça ! L'euthanasie fait la promotion de la mort sur ordonnance j'ose dire.
    Le rôle du médecin est d'accompagner, prévoir, guérir, sauver pas de donner la mort. Celui de donner la mort est celui du bourreau.
    La rhétorique qui consiste à faire passer des vessies pour des lanternes comme le meurtre pour de l'humanisme est dangereux. C'est vouloir délibérément travestir la réalité et lui faire perdre tout son sens. Comme pour la promotion de la GPA, c'est une extension de l'aliénation, une progression vers une catastrophe humanitaire, vers un crime contre l'humanité.
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    23 février 2012, 09:54

    "Ce n' est pas facile de se suicider sans aide". Et vous trouvez cela dommage ! Certaines personnes, parce qu'elles n'arrivent pas à se suicider, peuvent reconsidérer leur vie de manière différente et se relancer de manière plus positive dans la vie. Si vous les aidez à se suicider, ces personnes-là mourront avant d'avoir pris la peine de reconsidérer leur situation. Certes, vous leur posez la question "Voulez-vous vraiment mourir ?", mais la personne sait que si elle dit oui, son suicide sera facilité. Il n'y a donc pas du tout le même comportement que face à une société qui lui dit : "Quoi qu'il arrive, tu es important pour la société et nous ne t'aiderons pas à mettre fin à tes jours." Vous assumez donc le fait que vous facilitez le suicide et donc que vous donnez la mort à de nombreuses personnes qui si ça se trouve ne se seraient pas suicidés et auraient pu rencontré des personnes qui leur auraient redonné le goût à la vie. Je ne sais pas comment vous faites pour supporter cette idée !
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    Linda Couture Directrice du réseau Vivre dans la Dignité

    23 février 2012, 16:05

    Vivre dans la Dignité affirme avec vigueur « que la société doit se préoccuper de tous ses membres, peu importe leur situation, et ne peut en considérer aucun comme nuisible au point de se poser en complice de son suicide ».La loi interdisant l’euthanasie et le suicide assisté ne devrait pas être transgressée, parce qu'elle protège les personnes vulnérables ainsi que ceux qui pourraient subir des pressions pour devenir complices de ces crimes.
    Au Québec, le slogan de la semaine de prévention du suicide 2012 exprimait très bien cette idée: « Ici, on tient à chacun ». Si on tient vraiment à chacun tout en insistant sur la place essentielle que chacun occupe au sein de sa communauté et de la société, alors le suicide assisté ne devrait jamais être considéré comme une option et ne devrait pas être un moyen de mettre fin à la souffrance des personnes confrontées à la maladie ou à la mort. Nous ne pouvons certainement pas cautionner le suicide assisté pour une catégorie de personnes, ni être complices de crimes (car l'euthanasie, même soumise à des conditions, en est un). Ce serait transgresser la loi contre l’euthanasie et le suicide assisté; et ce serait aller à contrecourant de tous les efforts déployés pour prévenir le suicide
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    Mido Déjiha Je suis... je suis... Qui suis-je ? Un humain, un simple aléa sexuel.

    25 mars 2012, 15:32

    Que de mots pour affirmer sans argumenter ! Donc, vous affirmez, puis imaginez... Cela n'est pas un échange d'idées. C'est le despotisme d'une pseudo réflexion, la vôtre.
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    Armand Stroh Enseignant retraité . Membre de l' Association Ultime Liberté

    25 mars 2012, 18:29

    L' autonomie de la volonté dont nous parlons est de savoir qui décide en dernière instance, et non pas s'il y a des intermédiaires qui sont chargés d'accomplir des gestes permettant de réaliser la décision qui a été prise : Si vous décidez de vous marier ou de divorcer, ce n'est pas parce que la mairie ou le tribunal vous propose un créneau horaire précis , que ce n'est pas vous qui décidez de vous marier !
    En revanche, si vous obéissez à l'injonction de votre famille qui vous dit qui vous devez épouser , vous n' êtes pas autonome dans votre décision .
    Si l'essentiel de ce que vous faites dans votre vie résulte simplement de l' obéissance à une loi que vous n' avez pas choisie et à laquelle vous n' avez pas contribué, sans que vous soyez d'accord librement avec cette obéissance , alors votre volonté n'est pas autonome.
    Votre définition de l' "autonomie" , n'est pas la nôtre. Alors gardez la vôtre si vous-voulez, et nous gardons la nôtre ... de façon autonome, c'est à dire en suivant notre propre volonté, et pas celle d'une "autorité supérieure" ...
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    Armand Stroh Enseignant retraité . Membre de l' Association Ultime Liberté

    25 mars 2012, 18:44

    Concernant la deuxième partie de votre contribution :
    "Imaginons le jour où des personnes peu scrupuleuses [.....] Quelle effrayante perspective ! "
    1. Des personnes peu scrupuleuses ont toujours existé, et la manipulation mentale est plutôt le fait de personnes qui veulent imposer aux autres leurs croyances notamment religieuses au nom d'une "autorité supérieure" plutôt que de celles qui cherchent à permettre à chaque personne d'exprimer sa propre volonté ...
    2. Il est vrai que pour vivre dans une société de liberté personnelle beaucoup plus grande que celle d'hier ou d'aujourd'hui, il faut apprendre progressivement à gérer soi-même sa liberté. Mais c'est plutôt du côté des sociétés traditionalistes que se trouvent les partisans d'une "pression subtile du devoir" ... notamment du "devoir de vivre à tout prix" , et je ne suis pas sûr qu'un certain nombre de services de "soins palliatifs" soient entièrement exempts d'une telle "pression subtile du devoir de vivre".
    NOUS qui résistons à la pression subtile du devoir de vivre sommes sans doute mieux armés que vous pour aussi résister à toute "pression subtile du devoir de mourir" , parce que nous ne nous laissons dicter notre "devoir" PAR PERSONNE ...
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    Linda Couture Directrice du réseau Vivre dans la Dignité

    25 mars 2012, 19:25

    @Armand Stroh 

    M Stroh,
    Vous me prêtez des intentions en interprétant de façon grossière que je suis de celle qui prône "le devoir de vivre à tout prix". Au contraire, je suis contre l'acharnement thérapeutique i,e: que je suis contre le recours à des traitements disproportionnés ou extraordinaires afin de prolonger la vie d'une personne malade au stade terminal, sans espoir réel d'améliorer son état. Le problème au Québec et en France, la population ne connait pas ses droits déjà acquis. Une fois bien informé, la population mettrait l'idée mortifère de l'euthanasie sur la tablette une fois pour tout! Avez-vous participé aux travaux de la commission sur la question de mourir dans la dignité du Québec (questionnaire en ligne) ?
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    Pierre Prot Ingénieur

    27 mars 2012, 16:57

    @Armand Stroh 

    Il n'y a aucun "devoir de vivre à tout prix". Il y a la condamnation de l'acharnement thérapeutique, et à la rigueur le "devoir de ne pas se faire tuer par euthanasie". Je conçois que ce dernier vous pèse, même si ne voyez pas que par là, vous permettez à des millions de gens de ne pas endurer la pression du "devoir mourir".

    Faire les lois est une question d'équilibre. Soit on vous interdit la mort par injection, soit on contraint à terme des millions de gens à supporter une pression euthanasique.

    Vous pouvez déjà mourir sans souffrances, sans pression extérieure qui ne vous pousse vers la sortie. Ce traitement n'est quand même pas "si inhumain". La seule chose qui vous est refusée, c'est de mourir vite et sur commande.

    Si l'euthanasie était légalisée, des millions de gens seraient tiraillés entre la volonté de vivre, et la culpabilité de vivre que leur renverrait en pleine face la société. A terme, cela détruirait également les soins palliatifs et le seul choix qui resterait serait celui de l'euthanasie ou de la souffrance.

    Je constate donc qu'en effet, vous êtes contraints, mais que cela profite à la liberté de vie des autres.

    Le droit à mourir *d'une certaine manière* est-il prioritaire sur le droit à vivre des autres ?
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