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Jean-Paul Brighelli
Enseignant et essayiste

Les problèmes : la méthode idéo-visuelle et la carence de formation des « professeurs des écoles »

Marine Le Pen s’appuie aveuglément sur les affirmations assénées depuis des années par SOS-Education, nébuleuse dont elle est proche — et machine à soutirer des subventions aux parents et aux grands-parents…

Il est vrai que 18% (chiffre officiel) des enfants entrant en sixième ont de sérieux problèmes de déchiffrage. Mais cela tient moins à la méthode utilisée au départ qu’au laxisme général du Primaire, et à la réduction des heures de cours — particulièrement en français. Il faudrait que 50% au moins du temps scolaire soit consacré à l’apprentissage et à l’usage de la langue.

La méthode globale au sens strict n’est pas utilisée en classe — c’est un fait. Il y a des méthodes à départ global — mais la plupart des instituteurs la couplent assez vite avec une méthode syllabique.

Le vrai problème, c’est la méthode idéo-visuelle, qui associe un mot à une image, et invite à « photographier » le mot considéré comme image. Ce qui pose de sérieux problèmes dès que l‘on doit soumettre ce mot à des flexions morphologiques — au pluriel, par exemple.

Le vrai problème, c’est aussi la carence de formation des « professeurs des écoles ». J’engage Marine Le Pen à s’initier aux travaux du GRIP, à consulter les manuels disponibles (il n’y a pas que le Boscher, qui est quand même un peu daté…), et à se demander s’il ne faudrait pas, par exemple, reconsidérer la primauté du Lire sur l’Ecrire.

L’appel aux méthodes qui fonctionnent n’est pas nouveau. François Bayrou l’a lancé bien avant Marine Le Pen dans son livre État d’urgence (Plon, 2012). C’est surtout aux instituteurs compétents qu’il faut faire appel pour former les nouveaux entrants dans la profession — et pas aux « Écoles de professeurs » dont rêvent les pédagos et François Hollande. Il est de fait que l’on n’apprend pas à lire et à écrire avec des théories fumeuses, mais avec des pratiques efficaces.

Quant à imposer une seule méthode sur tout le territoire, c’est méconnaître la réalité de la classe, où l’on peut faire feu de tout bois, pourvu que ça passe — et ce qui passe avec l’un ne passe pas forcément de la même façon avec l’autre. Au contraire de ce que préconise le FN, c’est vers la souplesse qu’il faut aller — nous sommes en train de crever, justement, d’une trop grande uniformité de méthode.

Cela dit, il va de soi que la méconnaissance de la première articulation du langage — de la lettre à la syllabe — risque fort d’être dommageable, dans un monde où l’on utilisera de plus en plus de claviers — une machine qui fonctionne à l’unité, si je puis dire : on tape des lettres pour former des mots.

Enfin, il n’y a pas que la langue. À côté de la dysorthographie il y a aujourd’hui une épidémie de dyscalculie qui tient elle aussi au caractère non systématique des apprentissages. Avant le « vivre ensemble », tarte à la crème des pédagogies nouvelles, il y a le savoir-lire/écrire et le savoir-calculer /compter — voir le site du GRIP à ce sujet.

 

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Vous aussi, participez au débat :
Marine Le Pen : faut-il rendre obligatoire la méthode syllabique ?

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  • Photo de Thomas Renou
    Thomas Renou Newsring

    22 mars 2012, 17:22

    Bonjour,
    Valérie Laupies, conseiller de Marine Le Pen en charge de l'École, a publié une réponse à votre contribution dans ce débat.
    Bien cordialement,
    0 0
    Répondre
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