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Mathieu Blin
Président du syndicat des joueurs professionnels. Ancien talonneur du Stade Français

Former des rugbymen mais surtout des citoyens...

Comme nous le pensons à Provale, non le rugby n'a pas perdu ses valeurs.
Cependant il fait partie d'un environnement en plein"boum" et une extrême vigilance est nécessaire.
Il y a plus de 400 000 de licenciés. Tous les matchs du Top 14 sont visibles à la télévision, Le championnat de Pro D2 de plus en plus, certains matches de Fédérale 1 également.
Le milieu scolaire fait pratiquer le rugby à 7, à 13, à 15, le touch-rugby, le rugby-flag... bref tous les rugby !
La responsabilité que ce rugby partagé ne "dérape" pas est d'une priorité absolue.
Les risques de glissades sont accélérés par la professionnalisation du rugby. Autrefois on jouait au rugby, mais toujours après avoir rempli ses obligations professionnelles. Aujourd'hui, la lumière de tout en haut a mis dans la tête des plus jeunes, que l'on peut espérer n'avoir qu'à jouer au rugby et en plus  gagner sa vie grâce à lui. Mais ce n'est qu'éphémère ou plutôt passager. Les carrières ne durent plus que 8 à 10 ans maximum et fort heureusement lorsque tout s'arrête, enfin pas tout, le rugby, il reste toute sa vie à devoir organiser.
C'est pour cela qu'en plus de devoir laisser au corps le temps d'atteindre sa maturité nécessaire, les institutions doivent renforcer la formation.
Se former à tout prix pour assurer son avenir. Le double projet (développement des compétences rugbystiques et scolaires) doit être la priorité des clubs. Il permettra d'avoir des joueurs éveillés, donc meilleurs, assumera son rôle d'éducation de notre jeunesse mais également s'assurera que personne ne pense être supérieur juste parce qu'il va vite ou plaque beaucoup.
Les entreprises, les partenaires, ceux qui donnent des ressources financières participant au développement n'en ressortiront que plus satisfaits car même si les résultats ne sont pas là, des forces vives pourront intégrer ensuite leurs équipes et leurs structures.
Et il est d'ailleurs important de rappeler que ces mêmes entreprises ou partenaires viennent dans le rugby pour ces valeurs dont nous parlons dans ce débat. On a tendance à l'oublier alors que c'est peut être la raison majeure qui doit nous pousser à tout faire pour les garantir.
On a malheureusement au quotidien l'actualité qui nous rappelle que le système économique capitaliste, spéculatif et inflationniste, a  atteint ses limites. L'argent ne peut pas être celui qui régit les relations humaines toutes en interactions les unes par rapport au autres. L'individualisme contemporain ne doit pas nous faire sortir d'un socle constitutif que le rugby connait par coeur, l'autre.
Il n'y a que si l'autre existe et que lui aussi peut prétendre à être meilleur, que soi même peut espérer progresser. Ce miroir en plus de nous donner des informations sur nous même permet tout simplement de partager les choses. Le très haut niveau, toujours très élitiste, ne peut, jamais, oublier la base. Car c'est elle qui finalement valide, regarde, aime, s'identifie et par conséquent donne tout son sens aux choses.
Former les jeunes rugbymen et rugbywomen à être tout simplement des citoyens, là est un des enjeux du professionnalisme.
Rendez-vous pour un "prochain billet"...

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  • Photo de Christian Creseveur oui
    Christian Creseveur Dessinateur et scénariste

    13 février 2012, 15:07

    Mais ici c'est un site de débat. On n'attend pas que vous postiez des billets, mais que vous veniez partager des idées. Si vous voulez publier des billets, ouvrez un blog.
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  • Photo de Non connecté
  • Photo de Yannick Briand

    05 février 2013, 20:23

    400 000 licenciés et moins d'un millier de joueurs professionnels. Voilà une réalité qui justifie pleinement les propos de Mathieu Blin.
    Et qui dans le même temps donne une nouvelle dimension au travail et au dévouement de tous nos éducateurs.
    En effet si pour moins de 0,3% des jeunes les années "rugby" débouchent sur une carrière professionnelle, pour plus de 99% d'entre eux , elles restent une période de plaisir et d'apprentissage.
    Alors pour que cet apprentissage soit le plus citoyen possible et qu'il serve au mieux les intérêts des jeunes dans leur parcours scolaire et professionnel, n'est-il pas temps que le rugby éducatif copie le rugby professionnel? Et qu'il échange ses engagements de moyens contre autant d'engagement de résultats?
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